ALGÉRIE
26/08/2014 13h:27 CET | Actualisé 27/08/2014 08h:36 CET

Bouteflika met fin aux fonctions de M. Abdelaziz Belkhadem et instruit son éjection du FLN

HuffPOst Algérie

Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a mis fin, mardi matin, aux fonctions de M. Abdelaziz Belkhadem, a annoncé ce mardi 26 août l'Agence de presse algérienne (APS) citant une source relevant de la présidence de la République.

Dans une dépêche laconique, il est indiqué que le président Bouteflika a signé "un décret en vertu duquel il a mis fin aux fonctions de M. Abdelaziz Belkhadem en qualité de ministre d'Etat, conseiller spécial à la présidence de la République, ainsi qu'à toutes ses activités en relation avec l'ensemble des structures de l'Etat".

La même source a précisé, dans le même sillage que, "contact a été pris avec M. le secrétaire général du Parti du Front de libération nationale (FLN) à l'effet de prendre les mesures nécessaires afin de mettre fin aux fonctions de M. Abdelaziz

Belkhadem au sein du parti et interdire sa participation aux activités de l'ensemble de ses structures".

Si le concerné n'a toujours pas commenté cette décision de limogeage, ce n'est pas le cas de ses détracteurs au vieux parti.

Leur réaction ne s'est pas faite attendre. Les opposants de Belkhadem se sont empressés d'exprimer leur soulagement.

Mustapha Maazouzi, membre du bureau politique du parti et chargé de l’intérim en l’absence du secrétaire général Amar Saadani, qui en congé, déclarera au journal électronique TSA que cette décision «est une mort politique».

«Abdelaziz Belkhadem a touché aux fondements du plus grand parti de l’Algérie qu’il a voulu déstabiliser », n'hésitera pas à dire à la même source, M. Maazouzi.

«La direction du FLN appliquera à la lettre les orientations du président de la République qui est, également, président d’honneur du parti », affirmera-t-il. Une allusion on ne peut plus claire à la mise en route de mesure de son exclusion d'un parti où il a été le premier responsable près de 10 ans.

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Abdelaziz Belkhadem était à la tête du FLN depuis le 8e congrès bis du parti tenu au début de l'année 2005 jusqu'au 31 décembre 2013. Date à laquelle il subit "la loi de l'urne" puisque il a été évincé de la tête du secrétariat général du FLN, à la faveur d'une session extraordinaire du comité central (CC) du vieux parti.

Le vote des membres du CC lui sera alors défavorable. Il n'a obtenu que 156 voix des membres du comité central favorables à son maintien au poste de secrétaire général du FLN contre 160 voix qui lui étaient défavorables.

Un coup dur pour l'homme que l'on croyait totalement évincé de l'échiquier politique nationale. C'était compter sans les voltes-face de Abdelaziz Bouteflika.

Ce dernier, candidat à sa propre succession, décide en mars 2014 de le repêcher, en même temps que son actuel chef de cabinet Ahmed Ouyahia, et d'en faire un des principaux animateurs de sa campagne électorale.

Si les fonctions assurées par Belkhadem à la présidence de la République en tant que représentant spécial du chef de l'Etat étaient indéfinies, les raisons de son éjection restent tout autant obscures.

Pour quelles raisons le chef de l'Etat a-t-il limogé Abdelaziz Belkhadem? Que lui reproche-t-on au point de vouloir mettre fin à ses activités de l'ensemble des structures étatique et partisane?

Rien n'est clair pour le moment.

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