MAROC
03/10/2018 18h:13 CET | Actualisé 04/10/2018 13h:16 CET

Nasser Bourita réitère le refus du Maroc d'abriter des centres d'accueil des migrants

"Sommes-nous un vrai partenaire ou simplement un voisin dont on a peur?"

Antonio Parrinello / Reuters

IMMIGRATION - Pas d’accord. C’est par la voix du chef de la diplomatie, Nasser Bourita, que le Maroc déclare son opposition catégorique d’abriter des centres d’accueil pour migrants. Dans une interview accordée au quotidien allemand Die Welt, publiée aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération réitère donc la position déjà exprimée: le Maroc ne sera pas une plateforme de débarquement hors de l’Europe.

Refusant de “payer les dommages collatéraux” de l’échec des pays de l’Union européenne à gérer la question des migrants, le ministre a souligné qu’une compensation financière quelle qu’elle soit ne ferait pas changer d’avis le Maroc à cet égard. “C’est trop facile de dire simplement que c’est une opportunité pour le Maroc”, a-il précisé. Et de rappeler qu’aucun pays d’Afrique du Nord n’a montré un intérêt pour ce projet.

Critique, Bourita s’est interrogé sur l’approche qu’adopte l’UE estimant que celle-ci cherche à “rendre le problème de la migration plus grand qu’il ne l’est en réalité”. Et de rappeler que “les migrations englobent 3% de la population, dont 80% sont légales (...) Nous parlons donc de 20% de ces 3%”.

Le ministre se dit, par ailleurs, convaincu que le Maroc devrait jouer “un rôle plus important sur le plan sécuritaire et migratoire”. Pour lui, l’UE adopte une attitude ambiguë vis-à-vis de son partenariat avec le Maroc: “Sommes-nous un vrai partenaire ou simplement un voisin dont on a peur?”. Sinon “comment  demander au pays de l’aide dans la lutte contre le terrorisme, tout en le traitant comme un objet?”.  

A Bruxelles, l’UE était parvenue, le 29 juin dernier, à un compromis portant sur une “nouvelle approche” visant la création de “plateformes de débarquements” de migrants en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée. Mais l’enthousiasme européen a eu un effet contraire sur l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence onusienne basée à Genève, qui s’est prononcée tout de suite contre l’idée de création de centres d’accueil de migrants en dehors de l’UE. “Toute solution à la problématique liée à la gestion migratoire doit être une solution européenne”, avait déclaré un porte-parole de l’OIM, Leonard Doyle, lors d’un point de presse.