ALGÉRIE
09/10/2019 08h:50 CET

Bouregaa s’explique sur l’armée, salue le hirak et défend la Kabylie “partie essentielle du corps de l’Algérie”

DR
Lakhdar Bouregaa

Dans une lettre de “précisions” publiée avec son accord par ses avocats, le moudjahid Lakhdar Bouregaa, 86 ans, emprisonné depuis le 30 juin dernier, répond aux deux chefs d’accusation retenus contre lui d’outrage à corps constitué et de démoralisation de l’armée, salue avec force le hirak, une “réalisation historique du peuple algérien” et dénonce la campagne odieuse d’accusation en traitrise contre la Kabylie menée sur les réseaux sociaux sur le vocable de “zouafa”. 

Sans surprise et ainsi que l’avaient compris tout ceux qui le connaissent depuis longtemps, les appréciations de Si Lakhdar Bouregaa sur l’armée post-indépendance relèvent d’un vieux débat (et contentieux) historique qui ne marque plus de son point de vue l’institution militaire d’aujourd’hui. Ses interventions sur ce débat classique de la prise du pouvoir par l’armée des frontières au détriment du GPRA, il les a déjà exprimées dans ses mémoires publiées depuis “plusieurs décennies”. 

Elles ne concernent en “ aucun cas la troisième génération des enfants de l’indépendance qui composent l’écrasante majorité des éléments de l’armée nationale populaire aujourd’hui” souligne le Commandant Bouregaa. Celui-ci insiste sur le  le fait qu’il ne cherchait en aucun cas à nuire “ à l’institution de l’armée nationale populaire en tant que corps constitué assumant ses missions et prérogatives constitutionnelles” et que son intention était de mettre en garde contre la répétition des erreurs du passé.

Soutenir le Hirak est un acte patriotique

Au plan politique, le moudjahid Lakhdar Bouregaa, continue à faire l’éloge du Hirak populaire, une “réalisation historique du peuple algérien”. Le soutenir dans ses revendications exprimées de manière pacifique est un “acte patriotique” qui va de soi pour quiconque respecte le peuple Algérien dont le hirak suscite “l’admiration” du monde entier mais également des appréhensions qui chez ses ennemis tant au niveau interne qu’externe.  

S’agissant du hirak populaire, nul ne doute qu’il s’agit d’une nouvelle réalisation historique du peuple algérien. Le soutenir et répondre à ses revendications est un acte patriotique qui ne peut être dénié que par celui qui ne respecte pas ce peuple qui suscite l’admiration, la considération et le respect du monde entier...”

Le caractère pacifique de ce Hirak suscite, dit-il, des craintes chez des Etats de le voir servir de modèle et ils tentent de “ brouiller les cartes pour dénaturer ses buts, notamment les parties traditionnellement hostiles à l’Algérie”. Au plan interne, ce sont les parties corrompues qui tentent de survivre en recourant à des “méthodes ignobles” pour survivre en “essayant de briser la cohésion nationale”. 

Lakhdar Bouregaa évoque ainsi implicitement et avec des mots très forts la campagne violente et odieuse qui a ciblé la Kabylie sur les réseaux sociaux avec des accusations insupportables de servir des intérêts étrangers. Le thème des “zaouaf” a servi - et sert encore - d’élément de langage d’un discours de diabolisation de la Kabylie. Le moudjahid Lakhdar Bouregaa s’en indigne avec des mots puissants. Il rejette ces accusations contre la Kabylie, “partie essentielle du corps de l’Algérie qu’elle a honorée par son histoire et la bravoure de ses hommes”.

La lettre intégrale de Si Lakhdar Bouregaa