ALGÉRIE
04/10/2018 16h:01 CET

Bouhadja : "Ils sont juste en train de parler au nom de la Présidence"

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Le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Saïd Bouhadja, est certain que la Présidence “ne recherche pas sa démission”. Interrogé par le quotidien El Watan à propos de la crise qui paralyse les activités du Parlement, il a accusé les chefs de groupes parlementaires de l’alliance présidentielle, RND, MPA, TAJ, et du FLN, de “parler au nom du Président” pour “protéger leurs intérêts” et le pousser à la démission.

Saïd Bouhadja est revenu sur les raisons de la crise, qui paralyse cette Assemblée depuis plus d’une semaine. Il a expliqué que le limogeage du SG du Parlement n’était pas le véritable reproche des protestataires, estimant que ses décisions contre l’anarchie dans laquelle baignait cette institution sont les véritables raisons de ce “mouvement primitif”.

Dans cette interview, il a rejeté les accusations de mauvaise gestion émises par les chefs des groupes parlementaires. Saïd Bouhadja a affirmé qu’il ne démissionnera pas tant que la Présidence ne le lui a pas ordonné, rejetant ainsi “tous les messages présumés de la Présidence” qui lui ont été adressés via des responsables. 

Il a révélé avoir reçu le ministre chargé des Relations avec le Parlement, qui l’a informé ”être porteur d’un message de la Présidence” qui lui demander de réintégrer le secrétaire général.

M. Bouhadja a également fait savoir que Djamel Ould Abbès, SG du FLN, lui a affirmé avoir entre ses mains une décision de la Présidence d’annulation de la mise de fin de fonction du secrétaire général.

“Je lui ai dit envoyez-moi cette décision, mais il ne l’a pas fait. Moi, j’attends la réponse de la Présidence”, a-t-il réitéré.

Le président de l’APN, qui affirme qu’il poursuivra sa mission jusqu’au bout, a fait savoir que la Présidence lui a juste demandé de rédiger un rapport pour expliquer le limogeage du SG, sans donner suite à ce rapport. Ce qui est, de l’avis de M. Bouhadja, un signe que sa décision n’a pas été rejetée. 

Il a ainsi estimé que la Présidence, par ce silence, “le teste dans l’exercice de sa fonction” face à “un mouvement illégal”, ou “teste peut-être jusqu’où un chef de parti, à l’origine de la crise, pourrait aller”.

Il a affirmé que sa démission n’est pas recherchée. Les chefs des groupes parlementaires de l’alliance présidentielle et le ministre des Relations avec le Parlement “parlent au nom du Président” Bouteflika pour protéger leurs intérêts, estime-t-il.

Il ne s’agit pas de la première fois que des politiques mettent en doute le centre des décisions présidentielles. En décembre 2015, le groupe des 19, dont les membres étaient des anciens moudjahidines, politiciens et ex-ministres, affirmait que des “décisions dangereuses pour le pays se prenaient au nom du Président”.