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05/09/2018 19h:15 CET | Actualisé 05/09/2018 19h:15 CET

Bosse ou crève?! Addiction au travail: Recadrez cette compulsion avant le burnout

Dans un monde enclin à toutes les crises du siècle, le travail est la solution mais aussi le poison!

Westend61 via Getty Images

Le monde du travail a changé, mais aussi et surtout, notre rapport face au monde du travail.

Pour beaucoup d’entre nous “le travail est la santé”, il est aussi devenu “un fourre tout émotionnel” pour cacher les fêlures d’une vie, les manquements ou les carences de cette dernière.

Ou parce que nous n’avons simplement pas le choix!

Si cela est devenu pour certains, une stratégie de faire face, quand confrontés aux incertitudes d’un monde sans repères, il faut aussi savoir santé garder pour ne pas dire raison garder!

Car le côté pervers du “workaholism” n’est pas anodin.

S’adapter à un monde du travail trop rapide et déshumanisé

Plus de sécurité, plus d’évolution, plus de projection, accroissement du mal être. La perte de compétitivité des entreprises, la hausse du chômage, la mondialisation et l’intensification de la crise, mine le salarié. Les délocalisations et les nouveaux modes de management ne répondant plus aux besoins d’appartenance et les reclassements successifs minant les besoins d’estime. Tous ces changements mettent à mal les besoins d’accomplissement et d’estime et surtout les besoins de SECURITE!

Et quand une pseudo révolution est passée par là… les casseroles sont nombreuses…

Si l’on est auto entrepreneur, ou patron de sa propre boite, la spirale est sans fin et elle peut être mortifère, si l’on ne sait pas freiner à temps!

Tous ces changements vont aussi faire que les collaborateurs ne se sentent plus en phase avec les valeurs de l’entreprise et du monde du travail en général, pourquoi bosser si on est malheureux et qu’on ne sent plus à sa place !

Addiction ou compulsion au travail quand tu nous tiens!

L’addiction au travail se caractérise par un surinvestissement professionnel à la fois matériel et émotionnel chez un individu. C’est une situation dangereuse sur le long terme, pour le collaborateur et sa famille, car il entraine une réelle dissociation dans les priorités de vie.

L’addiction est une forme de compulsion, elle se range d’un point de vue thérapeutique, dans les comportements pathologiques. Cela signifie entre autre, qu’il faudra d’abord un accompagnement “clinique” et en parallèle un accompagnement avec une thérapie brève issue des médecines douces, pour espérer s’en sortir.

La cause de l’addiction au travail et ses conséquences sur le long terme, ne sont pas anodines.

Elle peut entrainer de nombreux troubles physiques et psychologiques, non seulement au travail, mais avec la famille. Plusieurs thérapies peuvent arrêter la spirale infernale et accompagner le sujet avant un Burnout. Sujet que nous avons déjà abordé auparavant, et qui rappelons le, renvoie à

un épuisement émotionnel et un état de fatigue général, physique, psychique et émotionnel qui touche tant le plan mental que physique.

Burnout ou épuisement professionnel un état qui a de tout temps existé

Cet ”état” a toujours existé dans le monde du travail, sauf que le dénominateur commun anglo-saxon est plus récent. Comme l’image d’une cartouche calcinée, le burnout est un surmenage physique et mental que peut vivre un individu quand il est dans une surenchère d’activités. Cela peut toucher une maman, un étudiant, un cadre, un professeur, un collaborateur.

Dans un monde enclin à toutes les crises du siècle, le travail est la solution mais aussi le poison!

En Tunisie

La plupart du temps la santé physique et psychique n’est pas une priorité, car l’on axe les préoccupations plus sur la rentabilité du collaborateur indépendamment de son état de santé général. Et même, déclarer une santé fragile, pourrait être un frein à son évolution, voire son maintien au poste. Beaucoup de salariés cachent leur mal être de peur d’être réprimandés, et subissent à terme le syndrome de la cocotte-minute. Le DRH n’est pas toujours enclin à entendre les soucis de santé en général et même s’il le voulait, n’a pas toujours les moyens de trouver une solution (sauf cas exceptionnels dans certaines grandes multinationales étrangères implantées en Tunisie, où la QVT ou qualité de vie a tout son sens).

Pourtant la situation ne va pas aller en s’améliorant, car les exigences et contraintes actuelles du Monde du travail sont de plus en plus difficiles à gérer. Et face à un contexte financier des plus moroses, il est à craindre qu’il n’y aura pas de sitôt de mise en place de stratégies d’adaptation aux sources de stress. Rien en tout cas, ne laisse envisager dans un avenir proche, une quelconque volonté de la part du Management de renforcer la résistance du collaborateur face au stress et à son mal être en entreprise.

Casser l’addiction qui mène au Burnout

J’ai compris le terrain tunisien, car même si j’ai quitté mon pays avant la révolution, j’y suis retournée de façon épisodique en tant que thérapeute.

J’ai pu constater la souffrance au travail, avec les échanges avec mes patients et même si certains DRH me relataient la difficulté à savoir faire la part des choses (car beaucoup de simulation au travail pour justifier l’absentéisme, restait aussi une pratique courante).

Je me permettrais de rester dans la réserve tout autant, le climat de précarité n’arrange pas la donne, et il est vrai que l’on tire aussi beaucoup sur la bride du collaborateur aussi, crise sociale et économique oblige!

Mais les tunisiens sont ouverts à l’innovation, espérons cependant qu’on leur donner a les “moyens” de cette ouverture d’esprit et que l’on finira par comprendre que les médecines douces et les thérapies brèves ne sont pas là pour encourager la mauvaise foi et l’absentéisme, mais pour booster le moral la santé et la compétitivité des collaborateurs!

Managers, CEO ET DRH devenez aussi responsables!

La prise de conscience sur le fait que les cas d’absentéisme sont dus principalement à l’état de santé physique ou psychologique et aux conditions de travail (organisation et environnement) est cruciale. Une mauvaise ambiance au travail ainsi qu’un milieu hostile jouent sur le moral et casse les compétences. Les directions d’entreprises doivent comprendre que le bien-être de leurs équipes est un enjeu important. Les ergonomes doivent aussi repenser les problématiques des TMS ou troubles musculo squelettiques générés par les postes de travail.

Une mauvaise QVT nuit à l’Entreprise tunisienne et l’économie locale ne peut se payer le luxe de payer des absents. Investir dans la QVT est plus profitable et rentable que l’absentéisme ou le fait de pointer sur place et ne rien faire!

Que penser aussi des collaborateurs ou managers à des postes difficiles engageant leur sécurité mentale et physique qui s’usent à force, comme pour certains métiers dits difficiles (engageant l’intégrité physique de leur communauté) et j’en ai rencontré durant mes six ateliers Sophrologie et Entreprise. Ces derniers sont enclins aux dépressions, voire au pire au suicide, si on ne détecte par leur malaise, et dans le monde entier!!!

Oui la Sophrologie est pour tout le monde, la souffrance n’est pas le seul apanage d’une catégorie de travailleurs, au moins sur ce point-là on est tous égaux !!!

J’ai même dû gérer durant un de mes ateliers sur Hammamet, une crise de pleurs et d’hystérie d’un collaborateur harcelé et maltraité par son manager? Que dire dans ce cas? Faut-il passer sous silence et encore faire la langue de bois du genre “Bosse ou crève”!!?

Et sur un ton moins grave, penser à l’environnement du travail c’est important

Le confort est important aussi, pourquoi ne pas choisir des couleurs apaisantes propices à la concentration, créer des salles de pause. Bref, on crée même des postes de “Chief hapiness officier” en France, pourquoi ne pas faire la même chose en Tunisie?!

Sophrologie et Troubles de l’Entreprise

Face à la souffrance au travail, la sophrologie est une méthode à la fois curative et préventive. Elle permet d’enrayer dans l’instant les symptômes du stress et donc d’y faire face. Elle n’efface par le mal être la souffrance mais accroitra la résistance au milieu du travail. Car pour enrayer la problématique tout l’environnement devra changer et la Tunisie n’est pas encore prête. Ceci dit, la sophrologie est aussi une alternative durable. Elle vous rend acteur et maitre de la situation, restaure la confiance et développe l’estime de soi. Pérenniser ses effets vous immunisera donc contre le burnout et toutes autres troubles liés au travail.

Qu’elle soit demandée par un CEO, Manager ou DRH ou un médecin du travail, elle travaillera la cause, la source, la prévention et œuvrera comme outil de développement pour booster les compétences.

Je suis très heureuse de mes six ateliers avec l’IIFE entre Tunis, Hammamet et Sousse et je reviendrai en février prochain à la demande de multinationales dont une où je travaillerai en intraentreprise pour plusieurs sessions auprès des employés du groupe français implanté en Tunisie, oui cette dernière a bien compris que la QVT n’est ni une la palissade ou un euphémisme!

 

Retrouvez les conseils de Feriel Berraies sur son site de thérapeute: www.feriel-berraies-therapeute.com 

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