12/11/2018 18h:38 CET | Actualisé 12/11/2018 18h:38 CET

Boissons sucrées: Les députés demandent l'augmentation de 50% de la taxe de consommation

L'année prochaine, ce sera au tour des dérivés du lait.

MAP

PARLEMENT - Après les cigarettes, c’est au tour du sucre de faire parler de lui dans le cadre du projet de loi de Finances (PLF 2019). Les députés de la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants ont brandi le carton rouge contre le sucre. Parmi les amendements qu’ils ont proposés, hier à l’issue de la discussion de la première partie du PLF 2019, figure celle d’augmenter la taxe intérieure de consommation (TIC) à 50% sur les boissons contenant du sucre, qu’elles soient gazeuses ou non. “Toutes les boissons contenant du sucre sont concernées. Nous avions d’ailleurs demandé cette augmentation de la TIC l’an dernier”, déclare au HuffPost Maroc le président du groupe istiqlal, Noureddine Moudiane, membre de cette commission. 

Sodas, jus et autres boissons contenant pour ingrédient le sucre risquent donc de payer davantage si cet amendement est accepté par le gouvernement. “Le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, a réagi positivement à cette demande d’amendement”, assure ce député, précisant qu’il s’agit pour le gouvernement “de tenir sa promesse”. “L’ancien ministre Mohamed Boussaid, à qui nous avions fait cette proposition durant l’étude du PLF 2018, nous avait promis d’interagir mais après étude”, indique Moudiane.

Un amendement sur lequel s’accordent les deux tendances, opposition et majorité. Dans une déclaration à la presse, le député PJD Mustapha Ibrahimi affirme que les partis de la majorité avaient rejoint l’Istiqlal, parti d’opposition, dans cette proposition dès qu’il l’avait présentée en 2017. “Mais le ministre de l’époque avait demandé un délai, le temps de mener une étude sur l’impact que cette hausse aurait sur l’industrie des boissons gazeuses et des jus”, précise-t-il.

Votée à l’unanimité, cet amendement vise aussi la levée de la compensation au profit des sociétés de fabrication de ces boissons sucrées. “Il est inconcevable que le Maroc continue d’accorder la compensation en sucre aux sociétés dont certaines exportent leurs produits”, estime Moudiane, accusant ces fabricants de “surdoser leurs produits en sucre”. “Ailleurs, la teneur en sucre est moindre que celle contenue dans des boissons fabriquées au Maroc. Et cela est contre le consommateur”, soutient-il.

C’est justement en la faveur du consommateur que les députés légitiment leur soutien de cet amendement. L’argument santé est présenté comme sa raison d’être. “Notre but essentiel, c’est la lutte contre des maladies liées à la consommation du sucre et plus particulièrement l’obésité qui est facteur de risque du diabète”, rappelle le président du groupe istiqlalien.

Citant les donnés du HCP, le PJDiste Mustapha Ibrahimi rappelle, dans sa déclaration à la presse, que 10 millions de Marocains, dont 63% de femmes, souffrent d’obésité. Il ajoute que les maladies chroniques directement liées au sucre coûtent aux deux caisses de la santé, CNSS et CNOPS, 50% de leur budget. “Ce qui a suscité des dysfonctionnements financiers et des coûts exorbitants au budget de la santé au Maroc”, précise-t-il. Et d’ajouter que cette augmentation de la TIC devra réduire la consommation de ce genre de boisson.    

Un engagement important que le gouvernement a pris auprès des députés qui veulent un peu plus d’effort dans le cadre des mesures visant à réduire le sucre dans les produits à grande consommation. “Le gouvernement a promis d’étudier l’augmentation de la taxe pour les dérivés du lait qui contiennent un taux élevé de sucre pour les mêmes raisons, l’année prochaine”, annonce d’ores et déjà Ibrahimi. 

Cet amendement est l’un des 221 amendements présentés par les députés après la discussion du premier volet du PLF 2019. A présent, c’est à la 2ème Chambre du Parlement de l’étudier. Le PLF devra être voté dans son ensemble dans un mois.