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19/06/2018 16h:24 CET | Actualisé 19/06/2018 16h:24 CET

Maroc-Portugal: Pourquoi il faut continuer d'y croire

"Il y a une belle carte à jouer contre les Portugais."

FADEL SENNA via Getty Images

FOOTBALL - Non ce n’est pas fini! Ça vient juste de commencer... Deux grands matchs attendent nos Lions! L’enjeu est de taille et le rêve peut se réaliser pour uniquement 4 points. Heureusement, la loi du football n’est régie par aucune science exacte et ce qui nous est arrivé contre l’Iran peut très bien arriver aux Portugais contre nous. Cela s’appelle la magie du football et c’est pour cela qu’on l’aime.

Parlons d’abord du match contre l’Iran, non pas pour remuer le couteau dans la plaie, mais plutôt essayer de comprendre ce qui n’allait pas:

La défense: Seul Saïss sort du lot avec, comme à son habitude, une constance dans le rendu. Benatia n’a pas été mauvais, mais il n’a pas été étincelant non plus, on l’a rarement vu relancer le jeu proprement. Concernant les deux latéraux, ils étaient juste catastrophiques pour deux raisons principales: un mauvais placement de Halimi à gauche et Amrabat à droite, postes dans lesquels ils ont affiché plusieurs lacunes. Pourtant, le coach avait déjà essayé cette configuration lors du match amical contre la Lettonie, et cela n’avait rien donné.

Le milieu de terrain: Boussoufa est arrivé émoussé à la compétition, la préparation n’était pas adaptée à un joueur de 34 ans, et la fébrilité de notre défense l’a obligé à faire plusieurs allers retours dans sa partie du terrain, notamment dans le couloir de Hakimi. El Ahmadi est devenu muet après son carton jaune stupide en début de match. La mayonnaise Ziyech, Belhanda et Harit n’a pas pris! Ces joueurs n’ont pas pu faire preuve de l’altruisme nécessaire pour des joueurs du milieu de terrain.

L’attaque: En l’absence d’efficacité des latéraux et des joueurs du milieu de terrain, El Kaabi est resté déconnecté tout au long de ce match!

Le coaching: On peut parler d’un fiasco, l’alignement de Ziyech, Harit et Belhanda ayant complètement déséquilibré le milieu de terrain marocain. Les changements quant à eux nous ont coûté cher, très cher même: Sofyan Amrabat auteur de la faute, transformée par le malheureux de la soirée, Bouhaddouz! On peut parler de coaching perdant.

Au vu de la prestation face à l’Iran, pourquoi peut-on cependant toujours y croire? La raison est simple et ceux qui ont suivi cette équipe depuis la CAN le comprendront. En effet, depuis la dernière CAN, l’équipe nationale s’est métamorphosée: un jeu agressif avec un pressing haut qui ne permet pas à l’adversaire de construire, une défense solide avec zéro but encaissé lors des éliminatoires et enfin un mental d’acier qui n’a permis à aucune équipe contre laquelle le Maroc a joué de dominer. Même la défaite contre l’Égypte en quart de finale de la CAN s’est faite sur un coup de pied arrêté aux dernières minutes de la rencontre après plusieurs occasions ratées des Lions.

Ce match contre l’Iran est la seule et l’unique contre-performance dans le jeu depuis un an et demi. Certes, c’est le pire timing pour une telle contre-performance, mais des surprises, il y en aura toujours dans le football. Il suffit de voir les résultats tout sauf logiques des différents matchs de cette Coupe du monde pour le comprendre.

Si l’équipe nationale arrive à passer outre le résultat du vendredi 15 juin, il y a une belle carte à jouer contre les Portugais. Il faut capitaliser sur des joueurs qui ont cette “grinta” (combativité, pugnacité, ndlr) et surtout l’expérience qu’il faut: Benatia, Saïss, Dirar, Boussoufa, El Ahmadi, Fajr, Belhanda, Ziyech sont fortement demandés pour leur talent mais surtout pour l’expérience et le caractère bien trempé qui les caractérisent. Harit, que j’admire énormément, doit être un joker capable de faire basculer un match. Pour l’attaque, une option tout sauf pragmatique existe en optant pour... Bouhaddouz. Mentalement, je le vois capable de faire des miracles après la solidarité dont le peuple marocain a fait preuve!

Et qui sait, grâce à lui, nos latéraux monteront un peu plus, et il marquera comme ce fut le cas en Coupe d’Afrique quand il a sauvé l’équipe nationale après un premier tour très compliqué. Cela ne serait pas un miracle, le foot se joue avec les pieds, la tête et surtout le cœur! Allez les Lions!