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19/03/2018 12h:25 CET | Actualisé 19/03/2018 12h:26 CET

Les maux du livre marocain

Après l’euphorie créée l’année dernière autour du Maroc, hôte de la 37 édition du Salon du livre de Paris, la représentativité marocaine fait cette année pâle figure.

LIVRE - Du 16 au 19 mars, s’est tenu à Paris, à la porte de Versailles, la 38e édition du salon du livre de Paris. 3000 auteurs y ont pris part et la fréquentation risque de battre tous les records. Cette année, c’est au tour des littératures russes d’êtres honorées, avec 38 écrivains russes qui ont fait le voyage. Cette manifestation offre la preuve une fois encore que les Français entretiennent avec le livre, tous genres confondus, un rapport passionné et passionnel.

Après l’euphorie créée l’année dernière autour du Maroc, hôte de la 37 édition, la présence ou la représentativité marocaine fait cette année pâle figure: dix éditeurs ont fait le déplacement, des plus visibles aux plus méconnus. On aurait applaudi quelques nouveaux venus s’ils avaient offert au public une production de qualité. Or nous avons affaire à une khalouta (un fatras), qui brouille un peu plus l’image du livre marocain en le réduisant à un produit folklo-exotique.

Comment se fait-il qu’un éditeur déverse sur une table des petits livrets, mal rédigés et non moins bien maquettés, consacrés à la gastronomie marocaine et aux contes de fées, des Aïcha Kandicha finlandaises, issus d’autres aires et sphères géographiques? Cette “performance” éditoriale a suscité l’ire des professionnels marocains, des écrivains ayant visité le stand et du public. C’est une mauvaise publicité pour le livre marocain, déjà malmené par l’improvisation, le manque de moyens, la marginalité de la lecture et l’absence d’une politique prospective.

Cette “sortie” pénalise le travail des éditeurs indépendants. Par ailleurs la “participation” du Maroc s’est également illustrée par l’absence d’un programme d’animation et de débats. Des auteurs ont fait le déplacement pour se tenir derrière une table pour dédicacer quelques exemplaires, avant de regagner le pays. Participer à un salon ne se réduit pas à déballer et remballer des cartons de livres, mais nécessite de diffuser par le biais du livre une culture et un savoir. À la condition que le produit soit à la hauteur des attentes. L’enjeu est éthique autant qu’esthétique.

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