28/02/2019 17h:12 CET | Actualisé 28/02/2019 17h:12 CET

Blockchain: Le projet de ferme éolienne géante à Dakhla prend du retard, selon Maghreb Confidentiel

Le parc éolien verra-t-il le jour?

SOLUNA

ÉCONOMIE - Le projet de parc éolien de l’entreprise américaine Soluna, à Dakhla, pourrait bien tarder à voir le jour. Selon Maghreb Confidentiel, la convention d’investissement pour ce projet, qui aurait dû être validée fin 2018 par l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), n’a toujours pas été signée et “aucune nouvelle date n’a été fixée”.

Ce mégaprojet, installé sur un terrain de 15.000 hectares, vise à produire, grâce au vent du Sahara, 900 mégawatts d’énergie pour alimenter des data centers de blockchain utilisés notamment pour “miner” des crypto-monnaies, comme le Bitcoin. Les travaux devaient commencer début 2019 avec une mise en route de la première tranche de 50 mégawatts début 2020. Mais aucune première pierre n’a pour l’instant été posée.

Selon des sources proches du dossier interrogées par Maghreb Confidentiel, l’AMDIE aurait même “tiré un trait sur le dossier”, ce que l’entreprise américaine dément. Cette dernière aurait par ailleurs changé de cap et indiqué ne plus vouloir “miner” elle-même des crypto-monnaies, mais “louer sa capacité de calcul à des opérateurs étrangers”, souligne la même source. Elle aurait également changé de banque d’affaires pour ce projet, remplaçant l’Américaine Entoro par la banque d’investissement sud-africaine Fieldstone, spécialiste des projets énergétiques en Afrique.

Le retard pris dans ce projet est une “déconvenue” pour le principal actionnaire de Soluna, le fonds d’investissement américain Brookstone Partners, souligne Maghreb Confidentiel, rappelant que le patron du fonds, Michael Toporek, est actuellement en conflit avec Omar Belmamoun, le PDG de Platinum Power - leur associé au Maroc - avait qui il devait investir dans les énergies renouvelables dans le royaume et sur le continent africain.

S’il voit le jour, le projet de ferme éolienne, annoncé en grande pompe en juillet 2018, devrait coûter trois milliards de dollars sur une période de cinq ans et ambitionne de créer 1.200 postes d’ingénieurs d’ici cinq à dix ans.

Selon TelQuel, le parc devrait être situé ”à proximité immédiate du data center” et devrait uniquement servir à “alimenter en électricité cette structure très énergivore”. Ce projet fonctionnera en auto-production et ne dépendra donc pas du réseau de l’Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE). Un “pari risqué”, selon plusieurs spécialistes interrogés l’année dernière par le HuffPost Maroc, étant donné, notamment, la volatilité des crypto-monnaies.

“Si les crypto, volatiles de nature, venaient à s’effondrer, le plan de secours pourrait être l’octroi à Soluna d’une autorisation de production et de vente d’énergie à l’ONEE comme prévu dans la première version du projet”, soulignait Badr Bellaj, CEO de la start-up Mchain et spécialiste de la blockchain. “Ce serait profitable pour le Maroc car pour l’instant il n’y a que la dimension business qui est prise en compte par l’entreprise américaine. Il n’y aura absolument aucune retombée positive pour le citoyen lambda malgré la production de toute cette énergie verte”, estimait-il.

Selon le plan de Soluna, le parc éolien devrait cependant contribuer à l’économie de Dakhla via l’emploi de main d’oeuvre locale, le développement des énergies renouvelables en fournissant de l’énergie au pays et l’affectation de 1% des revenus de la firme américaine à des programmes locaux, notamment dans l’éducation et la formation.