MAROC
27/05/2019 17h:40 CET

Blessé lors d'une manifestation, le père d'une enseignante contractuelle décède

L'Association marocaine des droits humains revendique une enquête pour déterminer les responsabilités et prendre les sanctions qui s'imposent.

- via Getty Images

DROITS DE L’HOMME - Un mois après la manifestation des enseignants contractuels organisée le 24 avril dernier, la coordination nationale qui représente cette catégorie annonce le décès, tôt ce lundi dans la matinée, d’un des manifestants, Abdellah Hajli, père de Houda Hajli, enseignante contractuelle de Safi.

La coordination nationale avait dénoncé, dans un communiqué diffusé le 28 avril, “l’approche sécuritaire” et plus particulièrement “l’intervention violente à l’encontre des grévistes”. Abdellah Hajli faisait partie “des centaines de blessés” énumérées, ce soir-là, par la coordination, ajoutant que l’homme avait été “interné aux soins intensifs suite à une hémorragie interne et des blessures au niveau de la tête, de l’épaule, du visage...”, affirmait ce communiqué. 

A la coordination nationale des enseignants contractuels, ce décès survenu à l’hôpital Ibn Sina à Rabat a eu l’effet d’un choc. Alors que ses membres se réunissent en ce moment même pour publier un communiqué sur ce drame, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) revendique, elle, l’ouverture d’une enquête. Elle a publié un communiqué dans lequel elle exprime “son profond regret et sa grande colère” quant au décès de Abdellah Hajli qu’elle surnomme “martyre du combat pour l’enseignement public”.

L’AMDH estime que cette mort est due à “une violation du droit à la vie et revendique l’ouverture d’une enquête sérieuse et objective pour faire toute la lumière sur les circonstances ayant été à son origine”. Pour l’association, il faut “déterminer les responsabilités directes et indirectes à ce décès et sanctionner tous ceux qui sont impliqués dans cette grave atteinte aux droits de l’homme”. 

Dénonçant “la violence des autorités”, l’AMDH soutient que celle-ci se poursuit avec “excès dans l’évacuation des manifestations pacifiques, faisant dans le sillage des victimes”. Et de souligner l’importance que “les responsables soient punis pour ne pas attiser cette violence au nom de l’autorité”.