ALGÉRIE
18/04/2018 12h:57 CET

Big Brother à Alger? 5000 nouvelles caméras de surveillance vont s'ajouter aux 1000 déjà en place

Un système puissant de surveillance, mais quid des abus?

ROLAND WEIHRAUCH via Getty Images
Photo d'illustration. 

Big brother vous regarde? Pas moins de 5000 caméras de surveillance des espaces publics vont s’ajouter aux 1000 déjà en place, officiellement pour “la protection des citoyens” mais suscitant des craintes de violation des droits des citoyens et de leur vie privée. 

La nouvelle acquisition se fera “dans les prochaines années”, a affirmé mardi 17 avril le responsable de la salle des opérations de la Sûreté d’Alger, le Commissaire principal Hachemi Cherif.

Le responsable a souligné “l’importance” du Centre de commandement et de contrôle, relevant de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), qui “collecte toutes les données sécuritaires filmées par les caméras de surveillance, installées à Alger, Oran et Blida”. 

La DGSN va donc se doter de moyens de surveillance considérables, pour assurer “une couverture sécuritaire plus large” ainsi que “la protection des citoyens et de leurs biens” selon des déclarations de M. Cherif rapportées par l’agence APS.

Ce pouvoir considérable, même s’il aide la police à lutter contre la criminalité, peut être la cause d’abus. La “gestion démocratique des foules”, selon les termes de la DGSN à l’égard des mouvements sociaux, fait craindre une déviation de l’usage originelle de ces caméras. 

Lors des récents rassemblements de protestation des médecins résidents et des étudiants de l’école supérieure des enseignants, la police a intercepté des citoyens et les a conduit hors Alger pour les empêcher de manifester. Une “couverture sécuritaire plus large” grâce aux caméras de surveillance pourrait renforcer ces méthodes, estiment des observateurs.

Lire aussi: Chasse aux médecins résidents dans les rues d’Alger

La surveillance des espaces publics a été critiquée même aux Etats-Unis. L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a souligné dans un rapport les abus auxquels peut conduire CCTV (closed-circuit television), dont l’abus institutionnel face aux mouvements sociaux ainsi que les abus par les agents de police à des fins personnelles. 

“Un des problèmes qui découlent de la création d’un système de surveillance aussi puissant reste, comme l’expérience l’indique, son usage injustifié”, a estimé l’UCLA.

 

 

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