MAROC
18/08/2018 16h:23 CET | Actualisé 18/08/2018 16h:24 CET

Betty Lachgar libérée après plus de 24 heures de garde à vue

C’est ce qu’annonce sur les réseaux sociaux le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles dont elle est la porte-parole.

FATIMA ESSABAR

SOCIÉTÉ - Un peu plus de 24 heures après son arrestation à Rabat, la militante féminisme Ibtissame “Betty” Lachgar a finalement été remise en liberté après être passée ce matin devant le procureur. 

Quelques heures après sa libération, cette dernière a publié un long message sur Instagram pour expliquer les conditions de son interpellation:

Betty Lachgar y affirme avoir été menacée à l’arme blanche dans la nuit de jeudi à vendredi par un groupe de jeunes de son quartier lui reprochant son “mode de vie ‘libertaire’, (s)es idées et particulièrement de défendre les PD”. 

Cette dernière et un ami se seraient ensuite rendus au commissariat de police pour porter plainte où un policier aurait pris le parti des jeunes. “Il se met à m’expliquer en gros que ces jeunes avaient raison, que je n’avais que ce que je méritais, défendre les PD etc.”

L’affaire des fontaines

C’est alors que le ton monte entre la militante et le policier. Cette dernière est ensuite mise en cellule pour “ivresse sur la voie publique”. Après une confrontation entre elle et ce policier, dans le bureau du commissaire, elle est ramenée dans sa cellule avant d’être à nouveau auditionnée une seconde fois, cette fois-ci au sujet de l’affaire des “fontaines rouges de Rabat”.

En novembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale de l’élimination des violences contre les femmes, le mouvement féministe M.A.L.I. (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles) dont elle est porte-parole avait en effet versé du colorant rouge dans plusieurs fontaines de la capitale, suscitant la colère de la wilaya.

Suite à cet entretien, Betty Lachgar est retournée en cellule pour une seconde nuit avant d’être finalement remise en liberté ce samedi 18 août après un passage devant le procureur.

La militante affirme également qu’elle a toujours l’intention de porter plainte contre les jeunes qui l’ont menacée jeudi soir. “LA LUTTE CONTINUE! Merci aux personnes qui me soutiennent. Merci aux haters de propager mes idées sans le savoir, et de me faire de la pub sur vos statuts” conclut cette dernière.

L’arrestation de la militante a également eu lieu quelques heures après que le mouvement M.A.L.I a dénoncé le retrait, depuis le 31 juillet, du médicament Artotec des pharmacies marocaines.

Jeudi 16 août sur sa page Facebook, le mouvement féministe, qui lutte notamment en faveur du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour toutes les femmes, a exprimé sa “consternation” face à la décision du ministère de la Santé de suspendre l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de ce médicament, utilisé par certaines femmes pour avorter. Dans un communiqué publié vendredi soir, ces derniers considéraient que l’arrestation de leur porte-parole était en lien avec cette affaire.