ALGÉRIE
16/12/2018 15h:31 CET

Berlin veut mieux contrôler les investissements étrangers dans ses entreprises

AFP Contributor via Getty Images

L’Allemagne cherche à durcir sa réglementation des investissements non-européens dans ses entreprises jugées stratégiques, a rapporté dimanche le quotidien Handelsblatt, alors que l’inquiétude croît au sujet de l’appétit des firmes chinoises.

Le gouvernement d’Angela Merkel projette d’approuver mercredi un amendement en ce sens et de le soumettre au Parlement, ajoute le journal sans citer ses sources.

Cette modification de la réglementation du commerce extérieur permettrait au gouvernement allemand de ramener à 10% du capital, contre 25% actuellement, le seuil lui permettant de mettre à l’étude ou de bloquer des acquisitions étrangères dans ces entreprises.

La loi s’appliquerait à des firmes “liée à la sécurité” qui revêtent une importance majeure pour la défense de l’Allemagne ou ses “infrastructures essentielles”, ce qui inclut des groupes de technologies et d’énergie ainsi que des grands groupes agroalimentaires.

L’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne ont exprimé ces dernières années des inquiétudes croissantes face aux rachats ou aux investissements de groupes chinois dans des aéroports, des ports ou des firmes technologiques.

En 2016, l’Allemagne et l’UE n’avaient pu que constater, impuissantes, le transfert de technologies “made in Germany” lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l’électroménager Midea, pour 4,6 milliards d’euros.

Mi-2017, Berlin a renforcé les règles sur les investissements étrangers dans ses entreprises jugées stratégiques, se donnant 4 mois au lieu de 2 pour examiner les offres et étendant le champ des transactions soumises à son aval aux domaines des prestataires de services ou des fabricants de logiciels utilisés dans des secteurs stratégiques.

En février, l’Allemagne n’a soulevé aucune objection quand le milliardaire chinois Li Shufu a pris 10% du constructeur automobile Daimler.

Mais en juillet le gouvernement allemand a racheté 20% du gestionnaire de réseau d’électricité 50Hertz, invoquant des raisons de sécurité et contrecarrant ainsi un projet d’investisseurs chinois de racheter cette part.

“Le gouvernement allemand a, pour des motifs de politique sécuritaire, un grand intérêt à protéger les infrastructures énergétiques”, avait alors indiqué le ministère de l’Economie.

Durant une visite en juillet à Berlin, le Premier ministre chinois Li Keqiang s’était voulu rassurant.

“Nos investissements ne menacent pas votre sécurité nationale, dans beaucoup de projets communs nous voulons apprendre de vos expériences, vos technologies”, avait-il assuré lors d’une conférence de presse à Berlin avec Mme Merkel.