MAROC
28/05/2019 17h:35 CET

Benzema, Dirar, Drogba, tous soutiennent la CAN des banlieues

Lancée à Evry par le président de l'équipe du Mali, la CAN des banlieues fait le buzz sur les réseaux sociaux.

STEPHANE DE SAKUTIN via Getty Images

FOOTBALL - Des cris de joie s’échappent du stade Jean-Louis Moulin d’Évry: le Congo vient d’ouvrir le score contre la Tunisie pour la troisième journée de la Coupe d’Afrique des nations. La vraie CAN ne démarre que dans trois semaines mais ici, elle bat déjà son plein et connaît un succès assez fou.

“A la base, c’était juste pour rigoler”, explique Jawed, sélectionneur du Maroc. “Maintenant j’ai des Marocains du monde entier qui me suivent sur Snapchat”, dit-il à l’AFP, caché derrière ses lunettes de soleil.  

Pour imiter le vrai tournoi, qui aura lieu du 21 juin au 19 juillet en Égypte, des habitants d’Évry ont eu l’idée d’organiser leur propre Coupe d’Afrique, surnommée la “CAN Epinetzo”, contraction du nom des Épinettes et des Aunettes, deux quartiers cosmopolites de la ville.  

Le phénomène s’est étendu dans toutes les grandes villes de banlieue parisienne. Mantes-La-Jolie, Argentueil, Bondy, ou encore Aulney-sous-Bois. Une incroyable popularité surtout depuis que des grands noms ont indiqué leur soutien.

Relayée sur Instagram, Snapchat ou encore Twitter par le rappeur Niska, originaire de Évry, la compétition a rapidement fait parler d’elle. Les messages de soutien de stars du football, comme Karim Benzema, d’origine algérienne, ou l’Ivoirien Didier Drogba, ont aussi fait beaucoup pour la notoriété de l’événement.

Benjamin Mendy, d’origine sénégalaise, champion du monde avec les Bleus pendant l’été 2018, et Nabil Dirar, international marocain, ont eux aussi soutenu leur pays respectif. 

Désormais à chaque match, entre 1.000 et 2.000 personnes font le déplacement pour s’enflammer pour leur équipe de cœur, et à chaque but marqué, c’est envahissement du terrain assuré.

Maroc, Sénégal, Mali, Côte-d’Ivoire... presque toutes les communautés de la ville se sont mobilisées pour monter une équipe nationale et représenter leur pays d’origine. Les Dom-Tom ont également été invités à la fête et une équipe du “reste du monde” a été mise sur pied.

Et les médias traditionnels ont suivi: “La semaine dernière, on se croyait en Ligue 1 tellement il y avait de caméras”, sourit Moussa. 

En cas de contestation d’une décision arbitrale, on sort même l’assistance vidéo. Ou plutôt, on s’agglutine autour d’un téléphone portable qui a filmé la scène. “La VAR made in Banlieue”. 

Arbitrage, services d’ordre... “Tout est organisé par nous-mêmes. Chacun met la main à la pâte”, raconte Moussa, l’un des organisateurs, également coach du Mali. “On a lancé ça dans un délire mais ça a pris beaucoup d’ampleur”, poursuit-il. 

“Ça a pris un élan qui nous dépasse. C’est agréable”, ajoute Lambert Mendy, qui s’est improvisé sélectionneur du Sénégal et qui veut aussi mettre en avant les valeurs de cette CAN. “C’est un message de fraternité. On voudrait qu’à travers ce genre de tournois, on parle d’Évry en bien. En organisant tout nous-même, on montre que les choses peuvent bien se passer dans un esprit fraternel”, dit-il. 

À Bondy, certains sont même allés plus loin qu’une rencontre internationale et ont tout simplement organisé... un match “FC Musulmans vs AS Chrétiens” ! Après la CAN, une compétition inter-religieuse va peut être voir le jour. 

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.