ALGÉRIE
06/06/2019 20h:21 CET | Actualisé 06/06/2019 20h:23 CET

Bensalah appelle (encore) au "dialogue" pour des élections "dans les plus brefs délais"

Abdelkader Bensalah campe sur ses positions. Dans un nouveau discours adressé ce jeudi 06 juin 2019 à la nation et diffusé par l’ENTV, le Chef de l’Etat par intérim a, de nouveau, affirmé que les élections présidentielles, organisées dans des délais raisonnables, sont “la solution la plus raisonnable démocratiquement” à la crise politique actuelle.

Il a appelé à toutes les parties concernées, politiques et civiles, ”à choisir le dialogue” pour “dessiner la feuille de route” devant mener à l’organisation des élections présidentielles.

Abdelkader Bensalah a rappelé dans son discours l’annulation par le Conseil constitutionnel des élections présidentielles du 04 juillet 2019, dont l’impossibilité a été confirmée après le rejet des deux candidatures déposées.  

Il a affiché, dans son discours, sa détermination de poursuivre sa mission, énoncée par la Constitution, c’est-à-dire “l’organisation des élections présidentielles dans les plus brefs délais”.

“Le chef de l’Etat se doit de préparer les bonnes conditions pour la tenue des élections en toute transparence, afin de protéger les institutions constitutionnelles”, a-t-il déclaré. 

A. Bensalah a rappelé qu’il lui revenait de “convoquer, de nouveau, le corps électoral”, affirmant que la situation actuelle “l’oblige à supporter cette responsabilité jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République”.

A l’instar de ses derniers discours, il a appelé à préconiser “la sagesse et l’intelligence collective” pour “franchir les obstacles qui font perdurer la crise actuelle” puis fixer, “les conditions et les mécanismes censés assurer la réussite des élections”. 

Il a, également, réitéré son appel à la classe politique, la société civile et les personnalités nationales au dialogue “dans les plus brefs délais”, “une occasion pour renforcer la confiance et établir un consensus général autour de ces élections, leur organisation et leur surveillance”.

Abdelkader Bensalah a reconnu que “l’Algérie a besoin de réformes à tous les nouveaux politiques, économiques et sociétaux”, répétant que le président élu peut, légitimement, les entamer.

Il a fait part, pour finir, de sa conviction que “d’aller vers des élections présidentielles dans des délais raisonnables est la seule solution politique et la plus raisonnable démocratiquement”.

Il réitère son appel à toutes les parties concernées à “participer à cette feuille de route et faire prioriser la sagesse et les intérêts du peuple”.

 Discours intégral: 

    “Au nom d’Allah, Le Clément, Le Miséricordieux,

Prière et paix sur Son vertueux messager, Sa sainte famille et ses compagnons jusqu’au Jour du Jugement dernier,

 

 A l’occasion de la fête bénie de l’Aïd El Fitr, dont Allah a gratifié notre peuple après le mois de jeûne et de piété, je félicite chaleureusement tous les Algériens et Algériennes à l’intérieur et à l’extérieur du pays, priant Le Tout-Puissant d’agréer leurs actes de dévotion et de prière et de combler l’Algérie de paix, de sécurité et de prospérité.

                               Chers concitoyens, Chères concitoyennes,

Comme vous le savez tous, le Conseil constitutionnel a prononcé, le dimanche 02 juin 2019, le rejet des deux dossiers de candidature déposés auprès de lui en vue de l’élection du Président de la République prévu le 4 juillet 2019, déclarant ainsi l’impossibilité de tenir cette échéance à la date prévue et sa réorganisation de nouveau.

Il a considéré que dès lors que “la Constitution prévoit que la mission essentielle dévolue à celui investi de la charge de Chef de l’Etat est d’organiser l’élection du Président de la République, il y a lieu de réunir les conditions adéquates pour l’organisation de cette élection dans la transparence et la neutralité en vue de préserver les institutions constitutionnelles qui concourent à la réalisation des aspirations du peuple souverain”.

Aussi, a-t-il conclu “qu’il revient au Chef de l’Etat de convoquer de nouveau le corps électoral et de parachever le processus électoral jusqu’à l’élection du Président de la République et la prestation du serment constitutionnel”.

                Chers concitoyens, Chères concitoyennes,

Cette situation m’oblige donc à continuer à assumer la charge de chef de l’Etat jusqu’à l’élection du Président de la République, et je suis parfaitement conscient de l’ampleur de cette responsabilité.    

                Chers concitoyens, Chères concitoyennes,

Cette situation exceptionnelle nous interpelle tous sur l’impératif de faire appel à notre intelligence collective en vue de faire prévaloir la sagesse et la pondération nécessaires pour surmonter les obstacles à l’origine de la conjoncture actuelle et construire ensemble la prochaine étape, en lui réunissant les conditions indispensables ainsi que les mécanismes à mettre en place afin de garantir à la Présidentielle toutes les chances de succès.

                Chers concitoyens, Chères concitoyennes,

               

J’ai appelé, de bonne foi lors de mes précédents discours, au dialogue et à la concertation, en me suis engagé devant vous à garantir au scrutin présidentiel toutes les conditions d’une élection régulière, libre et transparente, telle que souhaitée par notre peuple.    

                Chers concitoyens, Chères concitoyennes,

Cette nouvelle étape est incontestablement une opportunité précieuse pour restaurer la confiance et mobiliser les forces patriotiques nationales en vue de construire le consensus le plus large possible autour de l’ensemble des questions en rapport avec les aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, et sur les mécanismes de son contrôle et sa supervision.

Ainsi, j’invite la classe politique, la société civile et les personnalités patriotique nationales, jalouses du devenir de l’Algérie, à opter pour le dialogue inclusif en tant que voie menant à la participation au processus de concertation que l’Etat s’emploiera à organiser dans les meilleurs délais, à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle, et partant, tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité.

L’Algérie a besoin, en effet, de réformes et de nouveaux horizons aux plans politique et socioéconomique, un vœu clairement et pacifiquement exprimé par notre peuple qui doit également faire face à de nombreux et ô combien difficiles défis et enjeux nécessitant la mobilisation de toutes les forces vives.

Ma conviction est profonde que seul le président de la République, élu démocratiquement, jouira de la confiance et de la légitimité requises pour lancer ces réformes et contribuer à relever les défis qui se posent à notre Nation, d’où ma certitude que l’organisation d’une Présidentielle dans des délais admissibles, sans aucune perte de temps, constitue l’unique voie et la plus efficace, politiquement et la plus rationnelle, démocratiquement.

A ce propos, je réitère mon appel à toutes les parties concernées à participer au processus consensuel et à faire prévaloir la sagesse et l’intérêt du peuple, tant dans leurs débats que dans leurs revendications. De même que je les exhorte à saisir cette nouvelle opportunité pour s’impliquer pleinement dans la concertation que nous prônons aujourd’hui plus que jamais.

                Chers concitoyens, Chères concitoyennes,

Le temps étant précieux, j’exhorte tout un chacun à s’atteler sérieusement à la recherche de solutions consensuelles devant permettre l’organisation d’une élection Présidentielle régulière dans un climat de rivalité transparent.

Cet appel est adressé également à toutes les bonnes volontés, celles dont le leitmotiv est l’amour de la patrie et l’abnégation à son service, celles qui ont foi en l’élan collectif et en la maturité de notre peuple et bannissent toutes formes d’exclusion et d’aventurisme, particulièrement lorsqu’il est question de l’avenir de l’Algérie.

Gloire à nos martyrs,

 Vive l’Algérie”