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09/08/2018 16h:46 CET | Actualisé 09/08/2018 16h:46 CET

Benky is back, un "fragment de discours amoureux"

L’inusable Abdelilah Benkirane a fait un retour pour le moins inattendu début août.

AIC PRESS

POLITIQUE - Après un long silence radio survenu depuis la nomination de Saad Eddine El Othmani à la tête de l’exécutif, l’inusable Abdelilah Benkirane a fait un retour pour le moins inattendu début août, donnant ainsi une leçon de survie lors de la 14e édition du Forum national de la jeunesse du parti de la lampe, une chabiba grouillante et tumultueuse, récitant des slogans qui se prêtent plutôt à une déclamation de masse: “Le peuple veut Benkirane de nouveau!”

Une propagande à coup de slogans rappelant le théâtre de l’agit-prop russe (agitation et propagande), pratique qui demeure une “terra incognita” pour nos partis politiques. Benkirane est pourtant un inlassable prétendant qui en connaît tous les rouages.

En costume cravate (qu’il refusait auparavant de porter), Benkirane cocasse et drolatique, n’a rien perdu de son solide sens de l’humour, de ses métaphores et ses approximations, mais aussi et surtout ses quelques moments d’explosion sentimentale. Tout ce dont cette jeunesse raffole, sidérée par le mutisme aberrant de Saad Eddine El Othmani, et l’écran de fumée qui resurgit brutalement sur le paysage politique.

“Le peuple veut Benkirane de nouveau”, assoiffé d’un quinquennat où la politique ressemblait à un jeu de l’oie, nostalgique des one-man shows d’un chef de gouvernement imprévisible, un comique parlementaire détonnant, faisant pleurer de rire tous les députés. Benkirane est de “retour”: sa tenue, sa posture, ses messages subliminaux et tout le dispositif mis en scène font songer à un temps où la politique commençait à devenir à la portée de tous.

Son discours soigneusement homogène, arrosé de recadrage et de conscientisation, ne s’adresse pas uniquement aux jeunes. Cette rencontre ne serait-elle qu’un prétexte pour atteindre sa cible idoine qui, elle, saisira la vraie portée de ce “fragment de discours amoureux”, surchargé de contingences, de connivences, de retentissements, d’amour, de haine et de propagande?

Rien n’est arbitraire chez le Zaïm, ni son omerta ni son tapage virulent. Mais enfin, voilà de quoi combattre l’ennui estival chez certains, un come back qui est loin d’être suffisant cependant pour détourner l’attention des couches fragiles face aux deux “sacrifices” successifs qui les attendent dans quelques jours.