MAROC
21/05/2019 18h:08 CET

Benkirane: "Ceux qui ne jeûnent pas, c'est leur problème!"

L'ancien chef de gouvernement fait la différence entre le "haram" et "l'interdiction par loi".

Abdelilah Benkirane/Facebook

VIDÉO - Il a parlé religion. L’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, affectionne le sujet puisqu’il est le référentiel de son parti, le PJD. “Mais nous sommes un parti politique et non un mouvement religieux”, tient-il à rappeler aux membres de la jeunesse du parti venus lui rendre visite dans son domicile. Une rencontre relayée par une vidéo, publiée hier sur la page Facebook de l’ancien chef de gouvernement.

Interpellé sur l’attachement à la religion, il a estimé que le Maroc a réussi à “maintenir une organisation religieuse” évitant au secteur de “vivre une anarchie qui représente un grand danger”. Et d’affirmer que les “Marocains figurent parmi les peuples les plus pratiquants de l’Islam”. Mais ce qui dérange l’ancien patron du PJD, c’est le fait que certains “se montrent irrités” par le blocage de la circulation dans certaines artères en raison du nombre important des Marocains qui font les prières des “Tarawih”, le soir, pendant ce mois de Ramadan. “Le blocage ne concerne que certaines avenues pas toutes (...) C’est honteux qu’une rédactrice écrive cela et que ça soit publié!”, s’indigne-t-il, faisant référence à un article signé par la journaliste Noura Fouari du quotidien marocain arabophone Assabah et publié le 16 mai. “Il ne fallait pas le faire (...) cette publication a toujours adopté des positions négatives en provoquant la oumma islamique. C’est gauche!”, s’exclame-t-il.

Sur le non respect du jeûne, Benkirane estime que la question relève d’une appréciation personnelle: “Si une personne choisit de ne pas jeûner, c’est son problème”. Et de préciser qu’il faut discerner entre ce qui est “haram”, c’est-à-dire interdit pas la religion, et ce qui relève de la loi veillant au maintien de l’ordre public. “Parfois, la loi s’inspire du référentiel religieux”, indique-t-il. Mais ce n’est pas toujours le cas, notamment en ce qui concerne la consommation de boisson alcoolisée (“khamr”).       

Benkirane soutient que la religion n’interdit pas cette consommation et que celle-ci avait été tolérée depuis l’avènement de l’Islam. “Les gens le faisaient mais en cachette”, explique-t-il pour ne pas “déstabiliser les autres”. Et de rappeler que la loi marocaine interdit “l’état d’ébriété en public” prenant en cela en considération l’impact sur la société. Reste que pour l’ancien secrétaire général du PJD, la laïcité n’est certainement pas la voie à suivre. “Ceux qui appellent à la laïcité ne savent pas ce qu’ils font, ils mettent en danger leur personne et leur pays”.