TUNISIE
31/07/2019 15h:16 CET

Benjemy & Lola : Le duo qui a enflammé le festival Fairground

Un set live enflammé, que vous pouvez très bientôt retrouver !

Marwen Ben Cheikh

Les 19 et 20 juillet, la ville de Sousse a retrouvé pour la 4e fois le festival Fairground, qui s’organise depuis 2016 à L’Écovillage de Sousse.

Entre musique, arts visuels, créations de designers et autres animations, 8000 festivaliers étaient au rendez-vous, sur les deux jours, et ont pu savourer ce que les 36 artistes, internationaux et tunisiens, leur ont concocté.

Lire aussi :La 4e édition du Fairground Festival aura lieu les 19 et 20 juillet: Musique, créations et écologie

Parmi eux, Benjemy et Lola. Lui, Tunisien, elle, franco-allemande, ils forment Ben & lola, un projet de set live sensationnel et envoutant pour le public, intuitif pour les deux artistes.

Marwen Ben Cheikh

La collaboration passe donc du studio à la grande scène de l’Écovillage, mais qu’on pourra apprécier une deuxième fois à Tunis, au Beach bar Yuka, le 30 août et une autre fois en septembre au festival “Les Dunes Électroniques”. Interview. 

HuffPost Tunisie : Comment voyez-vous l’évolution de la scène électronique en Tunisie ?

Benjemy : La musique électronique souffre. Il y a quelques années, on organisait 4 à 5 festivals par an en Tunisie. Aujourd’hui, avec le taux de change et la situation économique du pays, les moyens ne le permettent plus.

Je voudrais aussi ajouter que certains médias, qui viennent couvrir ce genre d’événement, font plus de tort que de bien à cet univers.

On est en 2019 et il faut que ça s’arrête. Étant actif et activiste de cette scène électronique depuis 15 ans, je me dois de faire la remarque. 

Ces médias se disent sérieux et produisent ensuite des reportages où ils montrent au premier plan des situations qu’ils moquent ensuite dans leurs feuilletons. Ils utilisent cela pour faire rire les téléspectateurs, alors qu’ils agressent ces gens dans leur intimité. Les festivaliers ne veulent peut-être pas qu’on montre leur visage à la télévision. Ils accèdent au festival qui est un espace d’expression libre, où ils entendent exprimer toute sorte d’émotions, allant de la frustration à l’euphorie. Ce genre de reportages n’a pas lieu d’être.

Quelle est votre approche pour éveiller les émotions chez votre audience dans ce nouveau projet ?

Benjemy : C’est une approche différente de ce que je joue habituellement dans les clubs. Il y a dans le projet, Ben & Lola, des émotions à dégager, des ressentis, qui sont les miens et ceux de Lola, et qu’on veut partager avec le public. C’est un projet qui a la prétention de se dire pluraliste, avec un background musicalement riche, grâce à Lola aussi et à des musiques que j’ai jouées auparavant. 

J’ai un background assez rock, metal et blues et on retrouve ici la musicalité, la composition, les arrangements... 

Nous y avons aussi mis du groove, parce qu’on est dans un festival de musique électronique.

Lola : C’est sûr qu’on a envie de donner de l’émotion au public, on a envie que ça bouge aussi, alors on bosse sur certains bpm.

Avant, j’ai joué dans des groupes de reprises et il fallait toujours donner au public ce qu’il voulait. Mais ce projet est différent. Il s’agit d’être authentique et je pense que le public ne peut qu’aimer dans ce cas.

 

Comment votre collaboration a-t-elle commencé?

Lola : On s’est rencontré en décembre dernier. Il avait présenté une performance à l’IFT, où il a joué des sons qu’il a accompagnés de textes de Nietchze et de Gibran Khalil Gibran. Je lui ai alors écris, car j’avais le sentiment qu’il y avait une sensibilité qui pouvait concorder et des intérêts qui pouvaient se croiser. On s’est rencontré. il a joué un son et m’a donné le micro. C’est tout ce que j’attendais, de vivre une nouvelle expérience.

Et la suite?

Lola : On a vu que ça pouvait marcher. Benjemy a commencé par composer les morceaux, j’ai posé des mélodies et ma voix sur quelques titres et il a créé un album. Quelques mois plus tard, on s’est retrouvé et on a décidé de créer ce set. 

On se rejoint dans notre sensibilité et on travaille vraiment intuitivement. Ce sont des émotions qu’on dégage, sans chercher à se ranger dans un genre particulier.

Et donc depuis mars, nous nous voyons plusieurs fois par semaine pour composer essentiellement.

Quelles sont vos inspirations?

Lola : J’ai grandi en écoutant différents genres de musique. J’aime juste chanter, chanter intuitivement. Je ne suis pas différente de la fille qui chante sous sa douche. Je ne peux pas donner des références, c’est vraiment intuitif.

Pour ce projet, Benjemy écrit les paroles et me présente un son et je murmure, je chante des petites mélodies. On peut dire que je réinterprète ses textes en y mettant mes émotions. Je me les approprie. Je prends les mots, leur sonorité et je les interprète.

Benjemy : Quand je lui donne les textes, elle me demande de ne pas lui expliquer. Ces textes traduisent mon propre vécu, et dans sa réinterprétation, je retrouve des émotions que je n’avais pas vu dans mon propre texte. C’est la méthode qu’on préfère, car ce serait absurde qu’elle essaye de reconjuguer mes émotions.

Quels sont vos projets pour la suite?

Pour le moment, nous restons sur l’idée d’un live complet, avec le show visuel. On pourrait peut-être en extraire un EP, avec quelques morceaux. On y réfléchit encore.

Nous allons reproduire ce live le 30 août, à l’occasion du 3e anniversaire du Yuka, à Gammarth, et aux Dunes électroniques, qui aura lieu les 20 et 21 septembre.

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