MAROC
27/05/2018 13h:49 CET

Benchamach prend le volant du Tracteur succédant à Ilyas El Omari

Benchamach a obtenu 439 voix des membres du conseil national du PAM.

Ilyas El Omari/Facebook

ELECTION - Le président de la deuxième Chambre du Parlement devient le nouveau secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM). Hakim Benchamach, qui n’a annoncé sa candidature à la tête du parti du “Tracteur”, qu’à la veille de la tenue de la session extraordinaire du conseil national du parti, le samedi 26 mai, a finalement remporter l’élection. 

Le PAM annonce sur son site que la majorité des votes des membres du conseil national, soit 439 voix, a officiellement fait de Benchamach, très tôt dans la matinée de ce dimanche, le successeur d’Ilyas El Omari. Benchamach a largement devancé les cinq autres candidats qui s’étaient présentés à l’élection: Sallouh Mohamed (39 voix), Addi El Hiba (35 voix), Yasser Yaacoubi (12 voix), Aziza Taïbi (9 voix) et Hicham Hadri (3 voix).  

Ilyas El Omari a été le premier à féliciter son successeur lui “souhaitant plein succès dans ses nouvelles fonctions”. 

Ilyas El Omari/Facebook

Benchamach n’est pas venu se présenter à cette élection les mains vides. Il a dévoilé sa feuille de route à court terme (2018-2019) devant permettre à son parti de préserver ses acquis et aller de l’avant. Une mission dont il reconnait la difficulté. Benchamach souligne, en effet, que plusieurs objectifs sont à mettre sur la liste des priorités, dont “l’accomplissement du chantier organisationnel du parti et son renforcement afin de répondre avec efficacité aux défis nationaux”.  Mais au cours d’une première phase, Benchamach annonce la nécessité de “contribuer à la protection du projet social et démocratique moderne des dangers d’un islam politique et des orientations populistes”.

Faisant référence à son ennemi juré, le PJD, le nouveau secrétaire général du PAM appelle son équipe à veiller sur les principes qui ont légitimé sa naissance, à rester fidèle à la gauche et à relever son défi de “la modernisation politique au Maroc”.   

Hakim Benchamach/Facebook

Benchamch poursuivra donc le trajet de son prédécesseur dont la démission a été définitivement validée par le conseil national, au cours de cette session extraordinaire. Ce qui met un terme à  la polémique autour du “départ à moitié” d’Ilyas El Omari de la tête du parti. Restée en suspens, sa démission déposée le 7 août dernier n’avait pas été acceptée à la session extraordinaire du 22e conseil national du parti le 22 octobre. Il avait donc “reprendre ses responsabilités à la tête du parti jusqu’à la tenue d’une prochaine session”. Cette période était arrivée à terme le 21 avril, à l’occasion de la tenue de la session ordinaire du Conseil national. Depuis, des interrogations se multipliaient et son retour partageait les leaders du parti, où une tentative de scission commençait à se faire sentir

Le 8 mai, Ilyas El Omari annonce le maintient de sa décision de démissionner à la réunion qu’il a co-présidée avec Fatima-Zahra Mansouri, la présidente du conseil national en préparation de cette session extraordinaire (du 26 mai). Son départ tourne ainsi une page du parti laissant celui-ci dans une crise existentielle, d’après le politologue Mustapha Sehimi. Ce dernier avait précisé, dans une interview au HuffPost Maroc que le “PAM souffre d’une crise de leadership parce que le parti n’a pas su promouvoir ses élites”.  Et d’estimer que “Ilyas El Omari a asséché les possibilités de cooptation de nouvelles élites. Le parti est verrouillé!”

Benchamach aux origines rifaines vient de succéder à un autre Rifain. Pourra-t-il “déverrouiller le parti?” C’est l’avenir qui le dira. En attendant, Ilyas El Omari a quitté la tête du parti sous une salve d’applaudissements et une grande émotion.

Ilyas El Omari/Facebook
Ilyas El Omari/Facebook