MAROC
20/03/2018 18h:50 CET

Nabil Benabdellah cherche un nouveau souffle à son parti

Le PPS n'exprime aucun regret quant à ses décisions ou alliances politiques.

Anadolu Agency via Getty Images

CONGRES NATIONAL - Ni oui, ni non. Sur son éventuelle candidature à la tête du PPS, l’actuel secrétaire général, Nabil Benabdellah, se contente de déclarer que cette question représente “le cadet des soucis” que pourrait avoir le prochain congrès national du parti. “Je n’ai, d’ailleurs, jamais pris de décision d’une manière individuelle. C’est toujours la majorité qui a le dernier mot”, insiste-t-il au cours de la conférence de presse que le bureau politique du PPS a tenu ce mardi 20 mars à Rabat. Objectif: présenter le projet politique du parti à l’approche de son 10e congrès national, prévu du 11 au 13 mai à Bouznika.

“Depuis quatre ans, nous avons toujours tenu notre congrès national en mai. En novembre dernier, nous avons réaffirmé le maintien de cette date”, tient à préciser, au tout début de la conférence, le secrétaire général du PPS, se montrant révolté de “lire d’étranges choses ces derniers temps”. Nabil Benabdellah affirme que rien n’a modifié le trajet des préparatifs à ce congrès auquel sont attendus près de 1000 congressistes. “Le comité préparatoire à ce congrès s’est constitué en janvier à la majorité des membres du comité central dont le nombre dépasse les 500. Nous sommes ici pour faire le point sur l’état d’avancement de ce processus préparatoire”, annonce Benabdellah.

Pour ce dernier, l’unité du PPS et ses projets ne sont touchés par aucune tentative qui viserait à les déstabiliser. Une conviction qu’il réitère à plusieurs reprises, à l’occasion, estimant que le courant “Kadimoune” (“Nous arrivons”), né au sein du parti, ne représente aucune menace. “Nous n’accordons aucun intérêt aux balivernes”, tranche le secrétaire général du PPS, ajoutant que son parti reste “solide et solidaire”. 

Une idéologie inchangée

L’homme politique est venu défendre son équipe, ses principes et assurer que jamais le PPS n’a changé ses idées pour lesquelles il continue de militer. À présent, c’est à la quête d’un “Nouveau souffle démocratique” que le PPS focalise l’importance de son congrès qui en porte désormais le slogan. Présenté par Nabil Benabdellah sous forme de projet politique, ce dernier s’articule autour de six chapitres et 21 sections. Il y rappelle l’idéologie du parti, fait le point sur son expérience et sur sa position envers les différentes questions sociales.

“Nous sommes un parti de gauche et nous le sommes restés depuis la constitution”, clame Nabil Benabdellah, soulignant que le PPS a toujours agi avec conscience, voulant ainsi répondre aux critiques moralisatrices. “Nous n’avons pas décidé de rester dans le gouvernement pour y placer des ministres. Nous l’avons fait pour interagir positivement avec la scène politique et pour être au service de l’intérêt du pays”, explique-t-il. Et de rappeler que le choix du PPS de rallier le gouvernement islamiste en 2011 a obéi au même principe. “Aujourd’hui, ceux qui nous critiquaient ont intégré le gouvernement de Saad Eddine El Othmani et ils l’applaudissent”, précise Benabdellah faisant illusion à l’USFP.    

Le PPS semble n’avoir aucun regret quant à ses décisions ou alliances politiques. Bien plus, pour le secrétaire général, le parti a de quoi ”être fier” de ce qu’il a accompli au sein du gouvernement depuis 1998. Il précise que “son parti a adhéré aux alliances que le contexte imposait” et qu’il a tenté également de tirer la sonnette d’alarme à chaque fois qu’il l’estimait nécessaire.“Nous avons frappé à toutes les portes pour préserver la Koutla, mais en vain”, cite-t-il en exemple.

Vers une présence plus active

Du changement, le PPS estime qu’il est temps d’en apporter. Son “Nouveau souffle démocratique” est ainsi assimilé à un besoin dicté par la période actuelle. “La lenteur du processus démocratique au Maroc relève de notre responsabilité à tous (...) Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas encore réussi à mettre en place la société démocratique escomptée”, confie-t-il.

Affirmant vouloir s’éloigner de “la langue de bois”, Nabil Benabdellah insiste sur l’importance pour les partis de resserrer leurs rangs et, surtout, d’assurer l’encadrement des citoyens. “On ne peut pas avancer sans force politique. Il faut une force audacieuse capable de faire face”, estime le secrétaire général du parti. Et de souligner l’importance de “traiter les manifestations de Jerada avec démocratie (...) Jerada mérite un plan de sauvetage. C’est une région sinistrée depuis le séisme économique qu’elle a vécu”.

Le PPS, lui, compte se renforcer en remédiant à ses lacunes par une présence plus active auprès des citoyens à travers ses représentations locales et régionales. “Nous resterons ouverts aux partis qui partagent nos principes”, annonce Nabil Benabdellah. Aucune restriction, ce dernier tient d’ailleurs à le souligner: “Nous avons de bonnes relations avec Saad-Eddine El Othmani, et de l’estime pour Aziz Akhannouch, basée sur un respect mutuel depuis toujours”.

 

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