LES BLOGS
09/04/2019 10h:34 CET | Actualisé 09/04/2019 10h:34 CET

Ben Ali est mort, la révolution est terminée

Un débat sclérosé depuis 8 ans, avec les mêmes arguments, les mêmes punchlines, et une Tunisie qui attend son tour pour être sauvée par ses enfants.

FETHI BELAID via Getty Images

Le débat est plus que jamais d’actualité: on était mieux avant? Maintenant? 

Bourguiba était-il un zaïm (leader) ou un tyran? 

Ben Ali était-il si mauvais que ça, doit-on revenir à la dictature? 

Un débat sclérosé depuis 8 ans, avec les mêmes arguments, les mêmes punchlines, et une Tunisie qui attend son tour pour être sauvée par ses enfants.

Ce débat est-il si important que ça? 

Il est temps de surseoir à statuer, de se tourner vers les 3 millions et demi de tunisiens qui vont bouder les prochaines élections, vers les 600.000 chômeurs qui ne pensent plus qu’à une seule et unique chose: quitter le pays. 

Il est temps de se tourner vers la Tunisie oubliée, la Tunisie qui ne va certainement pas lire cet article, car plus rien ne les intéresse.

Nous sommes, nous autres tunisiens, à notre18 Brumaire, une situation tellement délicate qu’elle peut faire émerger la plus obscure des tyrannies. 

Nous devons tous proclamer une Tunisianité commune celle sur laquelle nous pouvons et devons tous nous entendre. 

J’espère que nous avons tous bien lu ces pages de l’histoire et maintenant que nous avons fait cette lecture prenons la sage décision de tourner cette page et de laisser les historiens faire leur travail.

Laissons de côté notre colère car elle engendre le ressentiment et pensons à la Tunisie de demain. 

Celle que nous devons “penser et panser” non pas pour la jeunesse mais POUR CEUX QUI NE SONT PAS ENCORE NÉS. 

Définissons ce que ”être tunisien ” veut dire, évitons les généralités dangereuses, celles qui ne permettent pas de construire notre ...IDENTITÉ NOUVELLE.

Que chacun interprète l’histoire comme ça le chante dans sa desserte familiale.

Que chacun aime ou déteste Ben Ali dans son foyer c’est son problème.

Que les autres idolâtres Bourguiba grand bien leur fasse.

Que certains pensent que ce n’était pas une révolution cela devrait les inciter à ouvrir un Larousse.

Que chacun vienne avec ce qu’il a comme acquis et ce qu’il a à apporter à la Tunisie de Demain.

Mais l’essentiel est que nous revenions à la politique, à l’essence même de la “chose politique”, c’est à dire, notre citoyenneté.

Celle qui doit permettre de respecter l’environnement, celle qui doit éviter la corruption et surtout l’impunité, par ...devoir et par amour pour ce pays.

Revenons-en au débats sociaux, à ce qui touche une mère de famille pour un enfant, au panier de la ménagère, occupons-nous de ces mères que l’on entend pas et qui ont en charge l’avenir du pays en élevant les générations futures.

Et je suis prêt à oublier celui qui a fait torturer mon père et m’en a privé pendant des années.

La révolution m’a permis de faire des rencontres avec les ennemis d’hier, de débattre de nos anciens différends. C’est à ce prix que l’on construit un pays.

Et c’est ce que je fais pour pour pouvoir contribuer à cette Tunisie de demain dont nous rêvons tous malgré nos différences et que nous voulons préparer pour les générations futures.

La justice transitionnelle doit permettre aux anciens ennemis d’enterrer la hache de guerre, car le tunisien n’est pas mauvais, il n’aime pas la vengeance, il sait pardonner .

À titre d’exemple seulement 3% des inscrits à l’IVD ont déposé des plaintes contre leur tortionnaires.

Car aimer son pays c’est comme aimer sa femme ou son mari, on l’aime pour ce qu’il -qu’elle- est mais aussi pour ce que l’on rêverait qu’il -elle- soit. Et bien je n’aime ce pays que dans mes rêves car ce que je vois aujourd’hui, ce que j’ai vu hier et avant-hier est détestable. Et ça c’est un point sur lequel l’on peut-être tous d’accord.

Ça à l’air impossible, mais ne comptez pas sur des cerveaux formatés a l’ancienne pour créer du neuf.

C’est à cette jeunesse qui excelle dans le monde, à ces jeunes créateurs, scientifiques, sportifs, intellectuels de prendre leur pays.

Tout le monde veut s’accaparer le fonds de commerce de la jeunesse, mais personne n’a réussi à le faire, car nous sommes immunisés contre la manipulation et savons mieux que n’importe quel politicien ce que nous voulons.

Sommes-nous prêts à mourir comme les anciennes générations?

Certainement pas car nous voulons vivre, mais pour avoir la vie que nous avons choisi, la vie qu’on mérite, et pour ça nous sommes prêts à tout.

Ne vous inquiétez pas, l’avenir est prometteur.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.