TUNISIE
06/05/2019 10h:23 CET | Actualisé 06/05/2019 12h:27 CET

Béji Caid Essebsi: "On ne peut pas dire que la Tunisie va bien"

“Il n’est pas nécessaire que celui qui fasse de la politique se présente aux élections” a-t-il souligné déplorant une "fièvre électorale avant l'heure".

Le président de la République Béji Caid Essebsi, a présenté, dimanche, ses voeux pour le mois de ramadan aux Tunisiens, et en a profité pour revenir sur la situation “difficile” que traverse le pays, ne manquant pas de faire passer certains messages politiques.

Pour lui, “on ne peut pas dire que la Tunisie va bien. Mais lorsqu’on regarde, autour de nous (...) on se dit que c’est un moindre mal”.

“Les Tunisiens, sont tous, en réalité, sous tension. Ils se plaignent de la cherté de la vie et du manque de ravitaillement de certains produits mais il faut dire que le peuple tunisien est un peuple patient. L’année qui vient de s’écouler était une année où il y a eu plusieurs catastrophes: Celle des nouveau-nés (...) des ouvrières agricoles (...)” a-t-il décrit saluant “les efforts faits par le gouvernement et les autorités pour alléger ces tensions” et pointant du doigt “les obstacles qui se multiplient”.

“Dernier en date, celui de la grève des transporteurs de carburant. Le pays était à l’arrêt. Mais grâce à dieu, nous avons trouvé une issue, en recourant à l’armée, qui ne fait pas de politique et qui est là quand son pays a besoin d’elle” a expliqué Béji Caid Essebsi.

Un autre “effort” du gouvernement a été souligné par le président de la République: “Concernant la maitrise des prix, il semble que le gouvernement a fait des efforts dans ce sens” citant notamment les points de vente “du producteur au consommateur”: “Cela ne résout pas le problème, mais en tout cas l’allège”.

Pour lui, les promesses engagées par le gouvernement de Youssef Chahed doivent être tenus: “J’espère que ces promesses seront tenues, ce n’est pas bien de faire des promesses sans les tenir”. 

Revenant sur l’année électorale en cours, Béji Caid Essebsi a estimé que “quand les campagnes électorales commencent avant l’heure, cela créé une ‘fièvre électorale’. Cela est amplifié par les instituts de sondages qui placent et déplacent les politiciens en 10 minutes dans leurs classements, et cela amène à des classements parfois faux (...) moi, si j’ai un conseil à donner, c’est ne de pas prendre leurs résultats pour argent comptant” a-t-il taclé.

″Il y a des partis qui ont disparus, d’autres qui sont nés -et j’espère qu’ils seront à la hauteur-, et d’autres qui se sont divisés -et j’espère aussi qu’ils seront à la hauteur-, mais le plus important c’est qu’il y a 600 ou 700 mille nouveaux électeurs qui se sont inscrits. Ils pourraient changer l’équilibre des forces entièrement” a prévenu le président de la République comme un message adressé aux principaux partis présents sur la scène politique.

“C’est pour ça que j’appelle à ce que chacun travaille sérieusement pour son pays, et qu’il gagne ou pas les élections, il faudra faire des concessions. Or nous ne savons pas faire ça: tout le monde veut devenir président ou leader” a-t-il fustigé avant de poursuivre: “Il n’est pas nécessaire que celui qui fasse de la politique se présente aux élections”.

“Il faut que ceux qui prennent leurs responsabilités pensent au jour où ils vont quitter le pouvoir, en sortant avec dignité en laissant leur place aux jeunes et à des personnes mieux qualifiées pour travailler le pays” a-t-il conclu.

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