TUNISIE
11/10/2018 19h:42 CET

Béji Caïd Essebsi: "Nous n'avons pas attendu le reste du monde pour accorder leurs droits aux femmes"

La “francophonie n’est pas une création française, elle est africaine, souligne Béji Caïd Essebsi.

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“Ce qu’a dit Macron à propos de la Tunisie est vrai”, a martelé le président de la République Béji Caïd Essebsi en réaction au vibrant hommage formulé par le président français en sa faveur. “C’était un discours spontané,” se réjouit-il dans une interview accordée à la chaîne télévisée France 24 en langue arabe. 

 Les mots de Macron saluant les efforts déployés par le pays pour défendre les droits des femmes tunisiennes et le combat acharné contre l’obscurantisme reflètent, en effet, “le fond de sa pensée”, confie Caïd Essebsi en tenant à remercier le chef d’Etat français.

Contrairement aux préjugés, la Tunisie est en train de tracer son sillon malgré les embûches, assure-t-il en disant: “la Tunisie va vers l’avant, vers le progrès, même si tout ne va pas dans le bon sens.”

Pour le président de la République, la Tunisie est prête à présider le sommet de la francophonie en 2020. Il a mis en relief, à cet effet, la profondeur de l’enracinement de la langue française en Tunisie. “La langue de Molière perce en Tunisie depuis plus de 70 ans” note-t-il. 

Entre le sommet de la ligue arabe qui se tiendra en mars 2019 et le sommet de la francophonie en 2020, la Tunisie semble bien en selle pour accueillir ces deux manifestations majeures. “La Tunisie est un Etat africain, arabe, islamique et méditerranéen” souligne Caïd Essebsi en ajoutant que le pays réussira dans toutes ces diverses appartenances.

Il a rappelé que le pays a réussi, par ailleurs, à faire face à l’extrémisme grâce à son ouverture sur le monde qui ,selon lui, ne date pas d’aujourd’hui.  “Nous avons rayonné sur l’Afrique ainsi que sur l’Europe, et nous continuons à préserver cet héritage” réplique-t-il.

Même si le président de la République a préféré ne pas aborder les dossiers nationaux notamment ceux relatifs à la crise économique et politique du pays, il a toutefois fait un petit clin d’oeil au gouvernement d’union nationale. Il a indiqué que ce projet qui a donné ses fruits à un moment donné est arrivé à son terme. “C’était un choix judicieux. Nous ne le regrettons pas. Mais ce n’est pas valable pour tous les temps et et tous les lieux”, dit-il. 

Encore en marge des travaux  du 17ème sommet de la francophonie qui se tient les 11 et 12 octobre 2018 à Erevan en Arménie, le président de la République a accordée une autre interview à la même chaine, mais cette fois-ci en langue de Molière. 

Béji Caïd Essebsi a rappelé que la “francophonie n’est pas une création française, c’est une création africaine.” Son véritable départ, d’après ses dires, est le continent africain. Il a noté que c’est en effet l’oeuvre en grande parti de trois chefs d’Etat africain à savoir le tunisien Habib Bourguiba, le sénégalais Léopold Sédar Senghor et le nigérien, Hamani Diori. “Ils sont les véritable pères de la francophonie, parmi d’autres bien sur”, lance-t-il

Il a insisté, encore une fois, sur la place des femmes en Tunisie et l’importance de défendre leurs droits. “Les femmes sont la clé de voûte de la démocratie,” précise-t-il. 

D’ailleurs, il a révélé dans une déclaration accordée à Mosaique Fm que la Tunisie n’a pas attendu le reste du monde pour accorder les droits aux femmes.

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