TUNISIE
13/05/2019 19h:21 CET

Béji Caïd Essebsi : La Tunisie n’a aucun agenda en Libye

L’intérêt de la Tunisie serait que “la Libye reprenne sa place naturelle et préserve son unité”, dit-il.

FABRICE COFFRINI via Getty Images

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a déclaré que “la Tunisie n’a aucun agenda en Libye, sauf le retour de l’entente, de la sécurité et de la stabilité” dans ce pays.

La Tunisie se tient à égale distance de toutes les parties, a-t-il précisé, lundi, lors de son entretien avec le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui.

L’intérêt de la Tunisie, a-t-il poursuivi, serait que “la Libye reprenne sa place naturelle et préserve son unité”.

Le chef de l’Etat a, à cette occasion, exprimé la profonde préoccupation de la Tunisie envers la situation en Libye, appelant les Libyens à “arrêter les combats et reprendre le dialogue”.

Il les a exhortés à “faire prévaloir l’intérêt suprême de leur pays et à le placer au dessus de toute autre considération”.

De son côté, Jhinaoui estime que le fait de ne pas prendre position en faveur d’une partie libyenne ne signifie pas pour autant que la Tunisie se tient dans les rangs de l’autre.

“La Tunisie n’a aucun agenda en Libye, elle travaille en coordination avec les différentes parties libyennes à l’exception des terroristes lesquels doivent être combattus par les Libyens eux-mêmes”, a souligné le ministre.

Jhinaoui a précisé encore que les Nations Unies ont fait état de l’existence de 60 mille réfugiés libyens depuis le début des hostilités en Libye, sans compter les centaines de blessés admis dans les hôpitaux tunisiens.

“Nous ne voulons plus d’effusion de sang dans ce pays frère, nous ne voulons pas qu’il se transforme en foyer de tension”, a soutenu Jhinaoui.

“La seule solution possible en Libye serait purement politique”, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, assurant que les différents protagonistes seront obligés, en dernière instance, de s’asseoir autour de la même table de négociations pour trouver une solution politique consensuelle.

Jhinaoui estime que la Libye est menacée par le spectre du terrorisme et qu’il est du devoir de tous les Libyens de s’unir pour le combattre.

D’autre part, le ministre a soulevé la poursuite des divergences de la communauté internationale sur le dossier libyen.

Il a, dans ce sens, appelé les Libyens à faire prévaloir l’intérêt suprême de leur pays et à le placer au-dessus de toute autre considération, estimant que ces derniers sont pourvus de la sagesse nécessaire pour comprendre qu’il est, aujourd’hui, primordial de sauver leur pays.
La poursuite des divisions en Libye engendrera forcément des divergences au sein de la communauté internationale autour de la question libyenne, a-t-il dit.

Et d’ajouter que “nous ne voulons entrer dans aucun axe. Nous voulons être “le refuge” et “la voix qui porte conseil aux frères Libyens”.

Pour les Tunisiens, le dossier libyen est un dossier “sensible”. Et il est de notre intérêt de “ne pas entrer dans la politique des axes”. L’opinion publique tunisienne doit comprendre cela, a-t-il dit.

Il a rappelé que la Tunisie a mené d’intenses discussions au sujet du dossier libyen, notamment avec les ministres français et italien des Affaires étrangères.

Il a, également, rappelé la visite en Tunisie du ministre algérien des Affaires étrangères, le 28 avril dernier, à l’issue de laquelle les deux parties ont publié une déclaration conjointe sur les développements en Libye.

Il a affirmé qu’une rencontre tripartite rassemblant la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte se déroulera prochainement à Tunis. Les trois parties discuteront des moyens à mettre en œuvre pour inciter les Libyens à arrêter les combats.

Jhinaoui a exhorté la communauté internationale à œuvrer pour un cessez-le-feu en Libye, sans poser de conditions, et à la reprise du dialogue dans les plus brefs délais.

Il a tenu à rappeler que la position de la Tunisie est uniquement exprimée par le président de la République, le ministre des Affaires étrangères et l’Etat tunisien, représenté par ses différents organes officiels, relevant que “personne d’autre ne représente l’Etat tunisien”.

“Ce dossier est sensible et d’une importance capitale pour la Tunisie. Il ne peut en aucune manière être sujet de surenchères politiques par les différents acteurs du paysage politique tunisien”.

Jhinaoui a fait savoir qu’il existe des parties sur la scène nationale qui instrumentalisent le dossier libyen pour des considérations idéologiques ou politiciennes internes.

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