TUNISIE
28/03/2019 12h:59 CET

Béji Caid Essebsi: “J'espère que la présidence de la République ne tombera pas entre les mains d’Ennahdha”

Pour lui, l'intérêt du pays peut être menacé lorsqu’une seule partie domine la scène politique, qui plus est, “une partie adoptant une idéologie, religieuse ou autre.”

Le président de la République, Béji Caid Essebsi, s’est livré dans une interview accordée à la chaîne de télévision saoudienne, Al-arabiya.

Les sujets abordés ont touché un peu à tout, et ont concerné aussi bien des questions d’ordre national qu’international.

S’exprimant sur le retour des djihadistes tunisiens, le président a préféré ne pas se prononcer sur les responsables impliqués dans l’envoi des jeunes vers les zones de conflit, une question sensible sur laquelle la justice devrait trancher.

“Je sais qui est responsable, mais je ne prends aucune position et laisse le soin à la justice de déterminer les coupables” a-t-il affirmé.

Sur la situation en Algérie, Béji Caid Essebsi se dit confiant, sans pour autant prendre position quant à la manière avec laquelle le régime de Bouteflika gère la situation.

“Le peuple algérien est un peuple militant qui a obtenu son indépendance après 130 ans de colonisation. Il est capable de gérer la situation avec responsabilité et patriotisme” estime-t-il.

La Libye, un pays convoité

Le président de la République se déclare par ailleurs contre toute ingérence étrangère en Libye.

Pour lui, le fait que ce soit un pays riche en ressources naturelles n’arrange pas les choses, bien au contraire. “Plusieurs pays convoitent la Libye et se mêlent des affaires libyennes pour des intérêts personnels, à l’exception de la Tunisie, qui ne souhaite qu’une chose: que le peuple libyen fasse ses propres choix, sans ingérence étrangère”.

“Les voix d’opposition à l’Arabie Saoudite ne nous représentent pas”

Sur la question des relations tuniso-saoudiennes, Béji Caid Essebsi affirme qu’il existe une amitié de longue date entre les deux pays, faisant de leur coopération une coopération très solide. “Mon amitié avec le roi Salman date de l’époque où il était prince de Riyadh” ajoute-t-il.

Interrogé sur la dénonciation systématique de l’Arabie Saoudite par l’opposition, Béji Caid Essebsi estime que celle-ci ne représente pas l’État tunisien, et qu’il est normal que des partis politiques d’opposition s’opposent aux décisions du gouvernement.

“Ceci rentre également dans le cadre de la liberté d’expression et de manifestation, garantis par la loi, mais cela ne nous représente pas (...) Si nos relations avec l’Arabie Saoudite sont assez solides, les voix d’opposition ne pourront pas les fragiliser”.

Alors, candidat ou pas ?

Au sujet de son éventuelle candidature à la présidentielle, Caid Essebsi a indiqué qu’il est tout à fait de son droit de se porter candidat, et qu’il avisera en temps voulu, en fonction de l’évolution de la situation dans le pays.

“Je ne répondrai pas à cette question maintenant, j’ai encore tout mon temps pour me décider. Cela ne regarde que moi et le peuple tunisien”.

Quant à son souhait d’instaurer un régime qui accorderait plus de prérogatives au président de la République, Béji Caid Essebsi estime que la constitution a prouvé l’existence d’anomalies avec le régime parlementaire. Mais tant qu’il occupe la fonction de président de la République, Béji Caid Essebsi affirme qu’il ne procédera à aucune modification de la constitution, pour éviter toute accusation de tentative d’accaparement du pouvoir.

“Je ne souhaite pas voir la présidence de la République entre les mains d’Ennahdha”

Il admet par ailleurs la dominance actuelle d’Ennahdha sur la scène politique, et surtout dans l’Assemblée des Représentants du Peuple.

Selon lui, Ennahdha a su maintenir sa supériorité à l’assemblée, qui lui a permis de former un gouvernement de son choix.

Béji Caid Essebsi dit ne pas souhaiter voir un jour Ennahdha à la présidence de la République, car dit-il, “il se préoccupe de l’intérêt de la Tunisie”.

Pour lui, cet intérêt est menacé lorsqu’une seule partie s’accroche au pouvoir et domine la scène politique, qui plus est, “une partie adoptant une idéologie, religieuse ou autre”.

Dans un registre plus personnel, le président, très clairement, affirme qu’il n’est pas prêt de quitter la politique.

“J’exercerai la politique jusqu’à ma mort” conclut-il.

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