TUNISIE
08/11/2018 15h:09 CET | Actualisé 08/11/2018 15h:12 CET

Contrarié par le remaniement ministériel: Béji Caid Essebsi explique sa position

“Je ne suis pas Béji Caïd Essebsi , je suis le président de la République", dit-il

Avec l’annonce du remaniement ministériel, la guerre froide qui oppose les deux têtes de l’exécutif se durcit davantage. Visiblement, le courant ne passe plus comme avant entre le président de la République, Béji Caïd Essebsi, et le Chef du gouvernement Youssef Chahed.

Dans une conférence de presse tenue cet après-midi au palais de Carthage, le président de la République n’a pas caché son refus quant à la manière adoptée par Youssef Chahed d’annoncer le remaniement. “Il y a un certain nombre de règles à respecter dans l’exercice de la politique” souligne-t-il.

Bâclé, ce remaniement semble ne pas être du goût de Béji Caïd Essebsi. “Il faut être responsable en appliquant la constitution” argue-t-il en précisant que le Chef du gouvernement est censé informer le président de la République avant de dévoiler la composition de sa nouvelle équipe gouvernementale. Il a noté qu’il ne cherche pas à modifier ou imposer des noms mais à être tout simplement notifié par la liste complète et définitive des ministres avant l’annonce officielle, comme l’indique la loi. “Je ne connais pas tous les noms proposés (...) Je ne connais pas leurs CV” a-t-il par ailleurs expliqué. 

S’agissant du sort du gouvernement, Caïd Essebsi a noté qu’il est du ressort de l’Assemblée et ne s’opposera pas à son vote. 

Il a fait savoir, par ailleurs, que sa fonction principale est de garantir le respect de la loi et de veiller à bien appliquer la Constitution. “Je suis le seul à être élu par le peuple” martèle-t-il. 

Béji Caïd Essebsi a toutefois déclaré qu’il n’a aucun différend avec Youssef Chahed. “Mais nous ne sommes pas sur le même piédestal” lance-t-il en soulignant la nécessité de respecter le statut du chef de l’État. “Je suis au dessus de la mêlée. Je ne suis pas Béji Caïd Essebsi, je suis le président de la République!”, réplique-t-il.

Interrogé sur son choix d’avoir désigné Chahed, Caïd Essebsi a indiqué qu’il n’a aucun remord. “Je ne regrette rien mais je reconnais mes erreurs” dit-il. 

“Personne n’est indispensable”, renchérit-il avant de conclure en disant que “le jour où je saurais que je ne suis plus opérationnel je partirais tout seul”.

Le chef du gouvernement a opéré, lundi, un vaste remaniement ministériel touchant plusieurs ministères parmi lesquels la Justice, le Tourisme, le Transport ou encore la Santé.

Mais c’est surtout dans la forme, que l’annonce du remaniement a fait jaser. En effet, la présidence de la République, via sa porte-parole Saida Garrache a affirmé que Béji Caid Essebsi n’était pas d’accord avec la démarche suivie par le chef du gouvernement dans son remaniement, regrettant le fait de ne pas avoir été consulté par Youssef Chahed mais simplement informé, rendant la tension encore plus palpable entre les deux têtes de l’exécutif.

Celle-ci s’est accentuée par la position du parti Nidaa Tounes qui, dans un communiqué publié jeudi, a demandé à ses ministres de choisir entre le parti et le gouvernement.

Selon certains médias, plusieurs ministres ont décidé de démissionner de Nidaa Tounes , même si le parti affirme ne pas avoir reçu de démission officielle pour le moment.

 

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