MAROC
28/11/2018 17h:35 CET

#BâtirUnAvenir: 21 artistes marocains s'unissent pour sauver une école

Quand l'art se met au service de l'éducation.

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CULTURE - Quand l’oeuvre d’art devient moteur social. L’exposition #BâtirUnAvenir réunit 21 artistes autour d’une expo-vente collective, en soutien à l’association Enfance Maghreb Avenir (EMA). Ainsi, peintres, sculpteurs, photographes et dessinateurs ont répondu à l’appel de l’ONG qui œuvre depuis 2006 à la réhabilitation d’écoles publiques dans les quartiers défavorisés de Casablanca et du mellah de Marrakech. Un événement caritatif à la symbolique forte dont les bénéfices seront destinés à la reconstruction de l’école primaire Zaouia (commune de Nouaceur).

Facebook/association.ema

Une soixantaine d’œuvres aussi poignantes qu’éloquentes prennent ainsi leurs quartiers jusqu’au 12 décembre prochain au cœur de l’espace d’art de la Fondation TGCC. Leur point commun? Toutes abordent les thèmes de l’enfance, de l’école publique marocaine, de l’éducation et de la famille, de manière directe ou suggestive, avec une sensibilité artistique et un engagement évident.

Le bénéfice de la vente des œuvres exposées aidera à la reconstruction et la mise aux normes d’écoles publiques du Grand Casablanca et en priorité l’école primaire Zaouia (commune de Nouaceur) pour offrir de meilleures conditions d’apprentissage à 532 élèves, dont 46% de filles âgées de 6 à 12 ans.  

Sanae Arraqas, Amina Benbouchta, Nabil Bayahya, Walid Bendra, Brahim Benkirane, Hicham Benohoud, Hassan Bourkia, Larbi Cherkaoui, Leila Cherkaoui, Amine El Gotaibi, Moulay Youssef Elkahfaï, Adil Kourkouni, Oussama Mahassine, Saad Nazih, Abdelkrim Ouazzani, Abdelkébir Rabi’, Mohamed Rachdi, Abderrahmane Rahoule, Iramo Samir, Yoriyas Yassine, Alaoui Ismaili et Rachid Zagora ont mis leurs œuvres au service de cette initiative solidaire.

Né de la rencontre de trois femmes aux parcours professionnels complémentaires, Claire Boudsocq (curateur d’art), Camille de la Rochère (auteur) et Emmanuelle Lefranc (journaliste), #BâtirUnAvenir est le fruit de l’initiative “EMA’rt dessine l’école de demain”. L’événement, mis en scène par Salima El Aïssaoui, commissaire de l’exposition, ambitionne d’éveiller les consciences sur le destin de l’enfance marocaine et invite le public à la réflexion devant la question urgente de l’éducation au Maroc.  

“Cette école demande un budget considérable pour la construction de 6 salles de classes et des sanitaires. Le projet complet nécessite 1,6 million de dirhams. Nous avons des partenaires qui ont aidé pour la première tranche de l’école, cet événement caritatif vise à compléter les fonds restants”, explique au HuffPost Maroc Najate Limet, présidente de l’Association EMA, ajoutant que “l’objectif, à travers cette exposition, est d’attirer l’attention des mécènes, des collectionneurs et du grand public, pour lever un maximum de fonds pour venir en aide à l’éducation dans le secteur public au Maroc”.

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“J’aimerais souligner l’immense engagement des artistes et sponsors, qui nous ont fait confiance pour cette première édition. Plusieurs oeuvres ont d’ailleurs été créées pour l’événement”, déclare Camille De La Rochère de EMA’rt. “Nous nous sommes rendu compte à quel point cette communauté était disposée à venir en aide à l’éducation marocaine”.

Dans le cadre de cet événement, qui ambitionne de devenir un rendez-vous annuel artistique et caritatif, deux tables rondes seront également organisées à la galerie TGCC. Elles visent a créer un espace d’échange, de réflexion et de débat autour de thématiques liées à l’art et à la culture. Ainsi, jeudi 29 novembre à 19h se tiendra la table ronde “La mondialisation accentue-t-elle les fractures culturelles?” animée par l’artiste et écrivain Nabil Bayahya, et jeudi 6 décembre à 19h “La véritable éducation peut-elle se passer de l’art?” animée par l’artiste et historien d’art Mohamed Rachdi en présence de nombreuses personnalités du milieux culturel.