ALGÉRIE
30/09/2014 07h:14 CET | Actualisé 30/09/2014 07h:20 CET

Des renforts ont été déployés autour des bases pétro-gazières dans le sud algérien

Anadarko
La base El Merk

Les sites pétroliers et gaziers dans le sud algérien où travaillent des ressortissants étrangers ont reçu le renfort de 3.000 militaires et gendarmes dans les jours qui ont suivi l’assassinat de Hervé Gourdel, a indiqué une source sécuritaire algérienne à l’agence chinoise Xinhua.

Ces renforts ont été déployés autour des installations pétro-gazières à Ouargla, Illizi, Tamanghasset, Adrar et Laghouat mais également à Skikda, dans le nord du pays. Un renforcement des dispositifs sur des sites, déjà sous haute surveillance, destiné à rassurer les opérateurs étrangers du secteur pétro-gazier devenus très sensibles aux aspects sécuritaires depuis l’attaque terroriste de Tiguentourine, en janvier 2013.

L’attaque avait entraîné le retrait des personnels des entreprises British Petroleum et du norvégien Statoil du site gazier de Tiguentourine qui compte pour 12% dans la production gazière algérienne et 18% des exportations du pays.

Après de longs mois de négociations avec la partie algérienne sur les dispositifs de sécurité à mettre en place, les deux compagnies ont confirmé définitivement récemment le retour de leur personnel à la base de Tiguentourine où 38 personnes -dont 37 étrangers- avaient été tuées dans la prise d’otage massive le 16 janvier 2013.

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Le groupe norvégien a diligenté une enquête indépendante sous la supervision d’un ancien responsable des services de renseignements norvégien dont les conclusions ont servi de base pour les nouvelles exigences sécuritaires de l’entreprise.

Le rapport d’enquête rendu public en septembre 2013 soulignait qu’il n’a fallu que "quinze minutes" aux 32 assaillants pour prendre le contrôle du site gazier de Tiguentourine" et que si l’attaque était "imprévue et sans précédent", elle n’aurait pas dû être considérée "comme totalement inconcevable".

Le rapport soulignait que le contexte géopolitique aurait dû pousser Statoil et ses partenaires à envisager une telle attaque. "Malgré la crise dans la région, la co-entreprise d'In Amenas a continué à fonctionner avec un niveau de menace inchangé par rapport à février 2012" alors que la Libye était "devenue un grand espace non gouverné" et la situation au Mali commandait de prendre "l'initiative de vérifier ou d'assurer de manière indépendante la sécurité à In Amenas".

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Les "mesures de sécurité n'étaient pas conçues pour repousser ou retarder une attaque de cette ampleur et dépendaient du fonctionnement efficace de la protection militaire" lit-on également dans ce rapport.

L’Algérie a refusé, au nom du respect de sa souveraineté, l’idée d’un recours à des sociétés de gardiennage étrangères qui aurait été souhaité par British Petroleum.

"Nous sommes favorables à toute idée qui ne toucherait pas à notre souveraineté. Mais d'un autre côté, nous sommes conscients qu'il faut améliorer les conditions de sécurité de manière à préserver les vies humaines" avait déclaré une source responsable à l’APS au milieu de l’année 2013 alors que les discussions étaient âprement menées avec British Petroleum et Statoil.

En juillet dernier, BP et Statoil avaient amorcé un retour progressif de leurs personnels à la suite de la mise en place de dispositifs de sécurité renforcé avec l’installation d’une caserne militaire et la construction d’un aéroport sur place qui dispense de se déplacer par route entre Tiguentourine et In Amenas.

Début septembre, Statoil, a confirmé le retour des rotations ordinaires du personnel en soulignant que "toutes les mesures de sécurité définies ont été mises en œuvre".

"Depuis l'attaque d’In Amenas, Statoil a travaillé systématiquement avec ses partenaires en Algérie dans le but de reprendre les opérations ordinaires en Algérie. Les améliorations de la sécurité à In Amenas sont également fondées sur les recommandations de l'enquête menée après l'attaque" a indiqué le communiqué de Statoil.

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L’assassinat d’Hervé Gourdel en Kabylie par un groupe dissident d’Aqmi, rallié au Daech, qui appelé à tuer les ressortissants des pays participant à la coalition contre "l’État Islamique" en Syrie et en Irak a ravivé les craintes et les mises en garde de sécurité.

L’impact a été rapide sur le tourisme dans le grand sud algérien avec l’annulation de nombreuses réservations.

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