ALGÉRIE
07/12/2015 11h:40 CET | Actualisé 07/12/2015 11h:40 CET

L'OPEP n'a rien décidé, les marchés l'ont fait : le baril plonge

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L'OPEP, plus que jamais sous influence saoudienne, a décidé vendredi de laisser les vannes ouvertes et de ne pas baisser la production. Les marchés en tirent la conséquence. Les prix ont plongé, une fois de plus, pour se situer, lundi, à New York, vers leurs plus bas niveaux depuis 2009. Le mouvement à la baisse a commencé vendredi après la décision de l'OPEP de maintenir le statuquo.

A New York, en début d'après-midi, le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en janvier perdait 1,33 dollar à 38,64 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le cours du Brent est passé sous la barre des 42 dollars, son plus bas niveau depuis six ans.

Dans un marché déjà déprimé et avec une offre en excédent, le signal de l'OPEP a été clairement interprété par les acteurs du marché. L'OPEP a maintenu la ligne "saoudienne" lors de sa dernière réunion de Vienne.

L'organisation n'a même pas annoncé de manière claire un plafond de production. L'absence d'un plafond officiel de production a été perçue comme un mauvais signal, une voie ouverte au chacun pour soi qui, c'est une évidence, ne peut aller que vers une augmentation de l'offre.

Le plus mauvais des scénarios

Le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah El-Badri, a admis vendredi que les membres de l'organisation ne sont même pas parvenus à s'entendre sur un plafond de production qui est, théoriquement, de 30 millions de baril/jour. Mais qui dans les faits est déjà dépassé de 2 millions de barils/jour.

Pour l'Algérie - et d'autres pays producteurs comme le Venezuela ou l'Iran- c'est le plus mauvais des scénarios qui se profile, les espoirs d'une hausse des prix sont d'autant plus douchées que le "retour" annoncé de l'Iran - après la levée de sanctions - n'est pas encore effectif.

Le patron du groupe français Total, Patrick Pouyanné, a douché les optimistes en excluant, lundi au Qatar, toute embellie en 2016. "Nous ne nous attendons pas à une reprise en 2016. Cela dit, je ne sais pas si le prix (du baril) sera à 40, 45, 50, 60. En 2016, la croissance de la capacité sera plus forte que la croissance de la demande".

Le prix du baril a baissé de plus de 60% en 18 mois, passant de 115 dollars pour s'approcher des 40 dollars. Et pour l'instant, rien ne vient contredire la projection de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) indiquant que le rééquilibrage du marché pétrolier n'aura lieu qu'en 2020 avec un baril à 80 dollars.

L'AIE n'exclut cependant pas un scénario, inquiétant pour les pays producteurs, d'un prix moyen à 50 dollars jusqu'à la fin de la décennie. Pour l’Algérie – et les pays producteurs qui sont dans la même configuration – les perspectives sont bien sombres.

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