TUNISIE
11/03/2019 17h:14 CET

#BalanceTonHopital, un hashtag pour lever le voile sur la situation désastreuse des hôpitaux en Tunisie

Des révélations incroyables et des témoignages choquants sur la situation des hôpitaux... à la suite du drame de la Rabta.

Ayemn Bettaieb/FB

À peine lancé, le hashtag #BalanceTonHopital, paradait déjà en tête des tendances sur les réseaux sociaux en Tunisie. Il est parmi les hashtags les plus suivis de ce lundi 11 mars 2019.

Des vidéos, des photos, des témoignages... ont été postés sous ce hashtag pour dénoncer la situation désastreuse dans les hôpitaux et lever le voile sur le calvaire quotidien des médecins.

Cette campagne, alimentée par le hashtag #BalanceTonHopital, intervient après le drame des nouveaux-nés de la Rabta. Ces derniers aurait probablement perdu la vie à cause d’une infection nosocomiale, liée aux soins et contractée au cours de l’hospitalisation.

“Les éléments de l’enquête en cours s’orientent vers une infection nosocomiale”, lance la ministre de la Santé par intérim dans une conférence de presse tenue lundi.

Des professionnels et des cadres médicaux ont lancé à maintes reprises des cris d’alarme pour dénoncer la situation catastrophique des établissements hospitaliers publics, mais rien de concret n’a vraiment été fait. 

Ainsi, suite à ce drame, des jeunes médecins, des activistes... tentent de dévoiler à nouveau les défaillances et les maux de secteur de la santé en Tunisie pour faire bouger les lignes.

Dans leurs publications, ils décrivent des hôpitaux infestés de rats, des tuyaux de canalisation qui éclatent en plein bloc, des chats qui circulent à l’intérieur de l’hôpital et mangent le placenta des patientes... Des révélations choquantes qui révèlent les coulisses d’une triste réalité.

“Quand tu es dans un hôpital universitaire dans un pays qui a 3000 ans de civilisation, pour aller d’un service à un autre, tu dois traverser des paysages comme celui-ci. Et ceux qui te portent, ce sont des membres de ta famille, car l’État a arrêté de recruter et l’hôpital travaille en sous-effectif (...) Pire que tout ça: À l’hôpital Ibn Jazzar à Kairouan, pour passer de la salle d’accouchement au service néo-nat, le médecin doit transporter le bébé dans ses bras et traverser un terrain vague plein de chiens errants”

“Dans certains services de maternité, le placenta se met dans un seau. Les chats viennent le manger. Ces même chats se promènent ensuite au service post-nat, là où sont placées les mères et leurs enfants après la naissance...Tu as plus l’impression d’être dans un zoo que dans un hôpital”

“En Tunisie, quand tu es transporté dans une ambulance, il faut craindre que la porte ne s’ouvre quand travers un dos d’âne”

“Chambre de garde d’un médecin dans un hôpital universitaire (2016)”

“Des images d’archives de l’hôpital de la Rabta à Tunis”

11 nouveaux-nés sont décédés entre les 7 et 8 mars dans les services de gynécologie obstétrique de l’hôpital de la Rabta à Tunis.

Selon les résultats préliminaires publiés par le ministère de la Santé, un agent infectieux aurait été à l’origine d’un choc septique entrainant la mort des nouveaux-nés.

En conséquence, le ministre de la Santé, Abderraouf Cherif a présenté, samedi, sa démission qui a été acceptée par le chef du gouvernement, et ce en marge d’une réunion de crise présidée par ce dernier.

Dans la soirée du samedi, l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a appelé à la mise en place d’un place de sauvetage “urgent” des hôpitaux publics.

 

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