ALGÉRIE
07/11/2018 15h:27 CET | Actualisé 07/11/2018 15h:34 CET

"Balak", dernier roman de Chawki Amari : entre jeux de hasards et sciences

DR Sami Kharoum/ El Watan

“Balak”, le dernier roman du journaliste et chroniqueur Chawki Amari transporte son lecteur dans un monde d’interrogations philosophiques sur le hasard, le destin et le choix, relançant le débat sur la place de chacune de ces notions dans la vie  quotidienne.

Edité par Barzakh, cette énigme de 173 pages , suit les courbes du quotidien d’un jeune, qui travaille comme rédacteur de modes d’emploi.

Balak, découvre-t-on, est aussi membre de la secte des “Zahiroune” dirigée par “le grand Zahir”, un sorte de gourou qui croit à “la suprématie du hasard en tant que divinité” et non comme un “phénomène aléatoire et imprévisible”.

Le récit de Chawki Amari se déroule à Alger où la secte tient ses réunions secrètes dans des douches publiques.

A la Casbah, “la vieille ville qui tangue au bord de l’écroulement”, Balak est pris en filature par un “suiveur”  professionnel travaillant à mi-temps pour le bureau de la direction des sectes au ministère de l’Intérieur.

Ce service, qui surveille les activités des différentes sectes et les classe par “ordre de dangerosité”, a pour mission de traquer la diversité des points de vue convaincu qu’il est de “la perfection du chiffre un et de la pensée unique”, ironise le narrateur.

Avec une bonne touche d’humour et de dérision, l’auteur tente de démêler l’écheveau des croyances liées au destin et au hasard par un discours scientifique complexe, dans un monde où “il faut aller vite sans aller loin et rester sûr de tout en avançant vers l’aléatoire”.

Ce roman interpelle le lecteur et donne à réfléchir sur le libre arbitre le choix et la responsabilité de l’homme face à fatalité et au destin.

Géologue de formation, Chawki Amari  qui explorait la gravité dans “L’âne mort” (2014), réussit encore une fois, à travers Balak, à trouver les mots justes pour interroger les consciences et peut-être même les subconsciences.  

Né en 1964 à Alger, Chawki Ammari avait publié son premier roman en 2006, “Après-demain”, suivi par “Le faiseur de trous”, le récit “Nationale 1” , et “L’âne mort”.