LES BLOGS
21/11/2018 09h:06 CET | Actualisé 21/11/2018 09h:06 CET

Azzedine Alaia, l’électron libre de la mode qui sublimait le corps des femmes

Il y a près d'un an, Azzedine Alaia nous quittait

Laurent Viteur via Getty Images

L’image de Naomi Campbell se recueillant sur la tombe de celui qu’elle appelait affectueusement “papa”, ne vous a sans doute pas échappé. Il y a près d’un an, Azzedine Alaia nous quittait, endeuillant le monde de la mode mais laissant derrière lui d’innombrables créations aussi sublimes les unes que les autres.

Qualifié de “sculpteur”, il excellait dans la mise en lumière de la silhouette féminine et savait mieux que quiconque sublimer le corps des femmes. Loin des diktats de la mode, il a su s’imposer et imposer un style bien à lui, aussi bien intemporel qu’immortel.

L’enfant de Tunis, est né entre 1935 et 1940, soucieux de rester silencieux sur sa date de naissance. Il étudie à l’école des beaux-arts de Tunis puis décide de quitter la Tunisie pour regagner la France.

De Naomi Campbell à Farida Khalfa en passant par Carla Bruni, il a habillé les plus grands mannequins, s’appropriant une des plus belles success story franco-tunisiennes. 

Néanmoins, le pari n’était pas gagné, débarquant en France, au sein de la maison Dior, grâce à la féministe Habiba Menchari, qui n’est autre que la mère d’une certaine Leila Menchari (créatrice tunisienne des vitrines Hermès) on lui affirme que sa place n’y est pas, du fait de son extranéité. Très vite renvoyé, il trouve du réconfort auprès de Simone Zehrfuss, épouse de l’architecte Zehrfuss, dont il devient le protégé. L’introduisant dans le cercle fermé de la mode, il habille les mondaines de l’époque à l’image de Madame de Rothschild.

C’est dans les années 80 qu’il installe sa maison de couture dans le VIIème arrondissement de Paris, suivant les conseils de son ami Thierry Mugler. Remettant le corps féminin sur le devant de la scène, en plein milieu d’une décennie ficelée par le style androgyne de l’époque. Il se fait connaitre pour ses robes sculpturales, portées par une certaine Naomi Campbell ou encore Carla Bruni. 

La singularité de cet homme, petit par la taille mais géant par le talent, se mesurait par la singularité dont il faisait part : autodidacte, le maitre mot de sa carrière était la liberté. Une liberté mêlée à une certaine indépendance, présentant ses défilés en décalage avec les traditionnelles fashion week. Chez Alaia, le travail ne connait ni pression, ni diktat, ni restrictions et préfère faire bande à part. Devenant le chouchou des mannequins, l’homme au perpétuel costume mao noir a tout connu et a traversé les époques avec brio.

Maitrisant toutes les étapes de création, de la conception à la couture, ses créations sont iconiques.

Dans son esprit, les formes et le corps féminin ne font qu’un, ayant comme ligne de mire la création de la silhouette idéale. Avec lui, la femme est élevée au rang de déesse, vertueuse et triomphante. Il n’hésitait pas à rappeler que le travail d’un couturier c’était ça aussi : corriger les « imperfections » et faire en sorte que le vêtement épouse à merveille la morphologie des femmes. Un style intemporel donc, orienté vers une valorisation du corps féminin, empruntée à ses études de sculpture. Son obsession, disait-il, est de rendre les femmes belles, obéissant à sa réputation de « sculpteur de courbes ». 

Actif jusqu’à son décès, il savait mieux que quiconque sublimer le corps des femmes tout en épousant leurs formes. Traversant les époques, il a su créer un style intemporel, avant-gardiste, tout en s’empreignant de ses études de sculpture de jadis. Alaia aimait les femmes. Cet amour lui a valu de nombreuses amitiés avec de nombreux top models.

Voici un an que le sculpteur des femmes nous a quitté. Ses créations elles, demeurent immortelles.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.