ALGÉRIE
05/10/2019 12h:27 CET

Azzeddine Mihoubi : "Ceux qui appellent à notre exclusion, doivent venir avec nous aux urnes"

Huffpost MG
azzedine mihoubi

Azzeddine Mihoubi, 60 ans, est candidat à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 au nom du RND. Le parti, qui existe depuis 1997, n’a jamais présenté de candidat à la présidentielle. L’ex-ministre de la Culture a animé deux conférences de presse après sa désignation vendredi 4 octobre par le Conseil national, lors d’une session ordinaire à l’hôtel Riad, à Sidi Fredj, à l’ouest d’Alger. La deuxième conférence de presse a été animée ce samedi 5 octobre au siège du parti à Alger. “Nous disons aux partenaires et aux adversaires que nous sommes les meilleurs. Il n’est pas de notre habitude de dire du bien de nous-mêmes ou d’attaquer autrui, mais nous disons que si nous ne sommes pas les meilleurs, nous allons donner le meilleur de nous-même dans ce parcours politique important. Nous allons faire des promesses que sur ce que nous pouvons réaliser”, a déclaré le candidat. Le RND est, selon lui, présent dans toutes les institutions de l’Etat et sur la scène politique depuis plus de vingt ans. “Si certains ne veulent plus voir notre parti, nous leur disons qu’eux aussi doivent présenter le bilan à l’opinion publique sur leur participation au gouvernent et d’autres institutions. Seul le peuple peut trancher. Le peuple donnera sa voix à celui en qui il voit qu’il fera du bien au pays. Ceux qui appellent à notre exclusion, doivent venir avec nous aux urnes. Nous n’avons exclu personne et n’avons demandé à éloigner personne. Nous sommes tous égaux devant la loi et devant le peuple. Quel que soit le résultat, nous l’accepterons car nous respectons notre peuple”, a-t-il dit en réponse à ceux qui critiquent la présence du parti de l’ex-Alliance présidentielle dans la course électorale.

“La période de transition est une forme non démocratique”

 Selon lui, l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, relatif à la souveraineté du peuple, s’appliquent à travers le scrutin. “Pour nous, la période de transition est une forme non démocratique. Elle est porteuse beaucoup de dangers et peut créer de nouvelles crises, car ceux qui conduisent cette période n’ont pas reçu le visa du peuple. Ils sont désignés pour certaines considérations. Nous avons choisi la voie constitutionnelle exemplaire et sûre qui est celle des élections (…) Nous ne sommes pas présents au scrutin pour dire que nous avons participé, cela est valable pour des travaux dramatiques (théâtre). Ces élections sont sérieuses”, a appuyé Azzeddine Mihoubi. Il a confié ne s’être pas engagé dans la course électorale pour “fouiner” dans le passé ni pour discuter pour des choses “qui remontent à vingt ou trente ans”. “On laisse tout cela à l’Histoire. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est de répondre aux questions que le citoyen pose sur la santé, l’éducation, l’emploi, les nouvelles technologies, l’environnement, etc. Le savoir est la clef pour décoder l’avenir. L’enseignement et le citoyen seront l’axe central de notre programme électoral”, a-t-il annoncé en appelant à rompre avec “les débats marginaux”.

 

“L’Algérie a besoin d’un président…”

Il a appelé à faire réussir la présidentielle du 12 décembre 2019déterminante. “L’Algérie a besoin d’un président de la République qui va assumer la charge de ce qu’il va venir dans le futur. L’économie a besoin de redressement, la situation sociale de révision, la situation politique de réparation, etc. Nous devons reconstruire une nouvelle classe politique. Les citoyens vont participer à ces élections. Dans certaines régions, il y a des files indiennes pour avoir la carte de vote”, a-t-il soutenu.  Azzeddine Mihoubi a annoncé avoir retiré 100.000 formulaires de signature. “Dans les wilayas, nous avons constaté qu’il y a beaucoup de lenteurs dans certaines administrations, peut-être parce que l’Autorité indépendante des élections n’a pas encore achevé l’installation de ses bureaux locaux, cela a ralenti le rythme de collecte des signatures”, a-t-il noté.

 

 

Hommage aux victimes du 5 octobre 1988

Il a salué le commandement de l’armée qui a pris sur les épaules “toute la lourdeur de la crise actuelle avec courage, audace et responsabilité” et qui a réussi à “remettre le train sur rail après que des parties aient tenté de le pousser vers la déviation”. “L’Histoire et les générations futures vont être reconnaissantes à l’égard de l’armée et du rôle qu’elle a jouée en ce période cruciale. Ce qu’a réalisé l’institution militaire n’est pas moins important de ce qu’a fait l’ALN durant la Révolution de Novembre. Notre armée compte toujours dans ses rangs des moudjahidines honnêtes et sincères qui ne sont pas attirés par les postes et les acquis et qui se sacrifient pour le pays”, a-t-il appuyé. Il a ajouté que l’ANP est restée attachée à “la solution constitutionnelle” à la crise pour ne pas ouvrir “une brèche par laquelle les ennemis pouvaient entrer aux fins de diffuser la discorde et le chaos dans le pays”. “L’armée a freiné tous les complots visant à pousser le pays vers une période de transition porteuses de risques. Le peuple doit parachever la mission en allant voter en participant massivement aux élections présidentielle du 12 décembre en toute conscience, c’est l’objectif suprême de notre engagement dans cet événement politique et démocratique, le plus important dans l’Histoire de l’Algérie indépendante”. Azzeddine Mihoubi a rendu hommage aux victimes des émeutes du 5 octobre 1988, “les évènements qui ont ouvert grand la porte pour la démocratie en Algérie”.