MAROC
16/08/2019 11h:10 CET

Azilal: Une école construite par des MRE "bloquée" par la Direction régionale de l’éducation

"Sans nous avancer de raison, ce qui nous semble à la fois surprenant et surréaliste”.

SOLIDARITÉ - Des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont réussi à réunir les fonds nécessaires pour la construction et l’aménagement d’une école primaire à la commune rurale de Zaouiate Ahensal (province d’Azilal), mais l’établissement risque bien de garder ses portes fermées. 

L’ONG “Choisir d’Agir”, composée d’une vingtaine de MRE, se donne pour mission de réaliser des projets visant à soutenir les populations défavorisées surtout en matière d’éducation des enfants à travers notamment l’amélioration de leurs conditions de vie. Un objectif qui a nourri la volonté de l’association pour la réalisation de ce nouveau projet à Azilal. 

DR

Nichée dans les montagnes de l’Atlas, une petite école primaire de proximité entièrement équipée et financée par l’association a ainsi pris place. Ce qui lui manque, aujourd’hui, ce sont les élèves. Selon l’association, la Direction régionale de l’éducation ne lui a pas délivré d’autorisation d’enseigner avant le début de l’année scolaire qui commence en moins d’un mois. Pourtant, dans cette région enclavée où les températures peuvent atteindre jusqu’à -15 degrés, souligne l’association dans un communiqué, au moins 25 enfants sont prêts à s’inscrire à cette école qui leur évitera de parcourir jusqu’à 2 heures de marche à travers les montagnes.

”Il s’agit de l’une des régions les plus reculées du royaume et où les enfants doivent parcourir jusqu’à 14 km (aller-retour) à pieds pour se rendre à l’école la plus proche”, assure-t-elle. Et de préciser avoir décidé de bâtir cet établissement scolaire en réaction à la détresse de ces enfants. “L’association s’est proposée d’ouvrir une école aux standards internationaux, mais a été confrontée, à sa grande surprise, au refus de la Direction régionale de lui accorder l’autorisation d’ouvrir”, déclare au HuffPost Maroc Youssef Mellouki, le président de cette association. 

Cela implique un réveil à 5h du matin pour entamer 2h de marche à pieds en montagne pour des enfants de 6 ans"

Amer, Mellouki exprime ses regrets, ceux de toute son équipe face à ce projet en suspens. “Nous avons décidé d’agir en donnant aux enfants à la fois accès au préscolaire et à une école de proximité qui évoluera au fur et à mesure qu’ils grandissent”, répète-t-il.

Dans l’incompréhension, l’association précise qu’une première phase de son projet, comprenant des classes de préscolaire (une première de la région) a bien vu le jour en octobre dernier, accueillant plus d’une vingtaine d’enfants. Alors, elle s’étonne que l’école primaire, qui devait démarrer à la rentrée 2019, se voit suspendue. 

DR

“Nous avons choisi une éducatrice issue de la région d’Azilal, justement pour qu’elle soit proche de la population et parle leur dialecte. Elle a suivi la formation du ministère de l’Education nationale et maîtrise parfaitement le programme établi par ce département”, explique le président. Et de souligner que l’association s’est aussi engagée à lui verser un salaire net de 3500 dirhams.

Inaugurée en avril dernier, l’école n’a donc toujours pas d’autorisation pour enseigner malgré le désir de 25 enfants du village de s’y inscrire au titre de l’année scolaire 2019-2020.

“Le temps joue contre nous”, se désole le président de l’association déçu par ce qu’il qualifie de “manque de réactivité des instances compétentes”. “L’école est entièrement financée par l’association et suivra le système marocain adapté à la population locale de la région”, tient-il à rappeler, cherchant une raison à cette situation. “Malgré tous nos efforts, la Direction régionale de l’éducation à Azilal continue son blocage, sans nous avancer de raison, ce qui nous semble à la fois surprenant et surréaliste”, ajoute-t-il.

De son côté, le HuffPost Maroc a tenté de joindre la Direction en question ainsi que le ministère de l’Education nationale mais sans succès.