21/06/2019 14h:42 CET | Actualisé 21/06/2019 14h:42 CET

Avec l'usine PSA de Kénitra, le Maroc veut se positionner comme leader de l'industrie automobile en Afrique

Un projet qui s'inscrit dans la dynamique soutenue du développement des industries du royaume.

FADEL SENNA via Getty Images

ÉCONOMIE - Véritable fer de lance du secteur de l’industrie marocaine, l’automobile a permis au royaume de s’imposer en hub régional en matière de fabrication et d’exportation de véhicules. Avec l’implantation, à Kénitra, de la première usine africaine du groupe français PSA, suite à la signature en juin 2015 d’un protocole d’accord par le roi Mohammed VI et Carlos Tavares, président du directoire de PSA, le Maroc porte ses ambitions à un nouveau palier: devenir le modèle continental du développement durable et de la mobilité du futur.

Quatre ans plus tard, et jour pour jour après la signature de l’écosystème PSA, c’est sur ce site colossal de 350 hectares niché au cœur de la vallée du Gharb, dans la zone franche “Atlantic Free Zone”, que cette usine donne à ces ambitions leurs lettres de noblesse. Capable de produire à la fois des véhicules thermiques et électriques, cette unité veut faire de la région de Kénitra un pôle industriel attractif et d’excellence. Avec un investissement global de 555 millions d’euros, dont 280 millions engagés par PSA (pour les phases 1 & 2 Véhicules et la phase 1 Moteur) et un reliquat de 275 millions d’euros à déployer pour les projets additionnels, l’usine a bénéficié d’un taux d’intégration locale de 60% dès son départ.

Un pourcentage appelé à augmenter pour atteindre les 80%, selon les prévisions annoncées lors de la cérémonie d’inauguration, jeudi 20 juin, présidée par le roi Mohammed VI, en présence du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, d’une délégation de ministres, d’officiels et d’acteurs du monde industriel. N’ayant pas pu assister à la cérémonie en raison d’engagements, Carlos Tavares a été représenté par Jean-Christophe Quémard, directeur Zone Afrique-Moyen-Orient et membre du directoire du groupe PSA, et Rémi Cabon, directeur général de Peugeot Citroën Automobiles Maroc. 

100.000 véhicules par an 

Bénéficiant d’un cadre transformatif plus global, le projet PSA a permis la réalisation d’une usine de 100.000 voitures et 100.000 moteurs en 2020 pour porter sa capacité à 200.000 en 2023, après le lancement, par le souverain, des travaux de construction de la deuxième phase du projet. 

Les véhicules produits sur la plateforme CMP (Common Modular Platform) du site sont des modèles des segments B et C et il n’est pas exclu que des véhicules électriques y soient également produits, a rappelé Jean-Christophe Quémard lors d’une conférence de presse tenue après la visite royale de l’usine. 

Environ 80% des productions PSA “Made in Kenitra” seront réservées à l’export, afin de répondre à la forte demande de la zone MENA et Afrique. D’ici 2025, un million de véhicules devraient être commercialisés dans cette région. Par ailleurs, pas moins de 62 équipementiers basés au Maroc ont été retenus pour fournir l’usine PSA du royaume et à l’international. Sur la liste se trouvent, entre autres, 27 nouvelles usines installées pour la première fois au Maroc et issues de dix pays différents (France, Japon, Chine, Italie, Allemagne, Portugal, Etats-Unis...). Objectif: atteindre un milliard d’euros à l’horizon 2022, au lieu de 2025. 

Dans le sillon du lancement de l’usine PSA, trois usines emblématiques du secteur automobile ont entamé leurs productions au Maroc avec un investissement de 8 milliards de dirhams, une aubaine pour le sourcing local. Il est question, ici, du groupe chinois Dicastal, numéro un mondial de la fabrication de jantes en aluminium, l’usine AGC-Induver, fruit d’une association entre le groupe japonais AGC, numéro un mondial du vitrage automobile et l’opérateur marocain Induver, et l’usine du groupe français Faurecia, numéro un mondial de l’intérieur véhicule. 

Lors de l’inauguration, la toute nouvelle Peugeot 208, premier véhicule à sortir de la chaîne de production, a été dévoilée. Essentiellement destinée à l’exportation en Europe, cette nouvelle citadine de la maison française sera également commercialisée sur le continent africain. 

AICpress

La formation, atout séduction de PSA

L’atout de PSA réside non seulement dans sa stratégie logistique et commerciale mais aussi dans le volet formation, non négligeable pour le groupe qui veut développer ses métiers mondiaux et pour le Maroc qui veut assurer l’insertion et l’employabilité de ses “cerveaux”. A ce jour, le centre R&D est porté au démarrage par 2.300 ingénieurs et techniciens supérieurs, au lieu des 1.500 initialement prévus.

Objectif largement dépassé qui souligne l’investissement dans le développement des écoles d’ingénieurs, ayant permis de doter les écosystèmes industriels de compétences nouvelles, a souligné le ministre de l’Industrie. La création des cités des métiers, dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle, permettra, elle, de porter cet atout à un niveau supérieur, a-t-il poursuivi. “C’est vraiment une montée en cadence très rapide, et ce n’est que la première phase. Avec la phase 2, l’usine passera à 2.400 salariés”, a affirmé Jean-Christophe Quémard.

PSA Maroc prévoit 2.500 emplois directs et près de 20.000 postes indirects, avant d’atteindre à long terme les 30.000 postes dans tout l’écosystème PSA.