TUNISIE
09/01/2019 13h:19 CET

Avec cette intelligence artificielle, plus besoin de Photoshop pour modifier un paysage

Ce que cette intelligence artificielle est capable de faire est impressionnant. Même si le résultat est encore loin du travail d'un humain, il permet de mieux comprendre ce qu'il se passe dans l'algorithme.

SCIENCE - Vous avez toujours rêvé de faire des détournements de photos, mais n’êtes vraiment pas un as de Photoshop? Dans quelques années, l’intelligence artificielle pourra peut-être le faire à votre place, même si vous dessinez comme un pied. C’est en tout cas ce que l’on peut espérer quand on voit ce qu’arrive à faire GANpaint, un outil rudimentaire mis au point par des chercheurs du MIT.

Sur une photo de paysage architectural, il est possible de rajouter, en un tour de main, des portes, des dômes, des nuages ou des arbres. Mais aussi d’enlever ces éléments. Il suffit de sélectionner l’objet que l’on souhaite, puis de dessiner grossièrement sur la photo. L’algorithme se charge ensuite de tout. Le MIT a mis au point un petit outil qui permet à chacun de s’amuser sur une quinzaine de photos.

Le résultat est souvent bluffant.

 

Les scientifiques du MIT ont utilisé une des dernières techniques d’apprentissage automatisé en vogue, les “GAN” (réseaux antagonistes génératifs). L’idée: l’IA est composée de deux réseaux de neurones indépendants, des algorithmes capables d’apprendre par répétition.

L’un est destiné à créer des images de paysages en s’inspirant de vraies photos, stockées dans une base de données. L’autre algorithme apprend également avec cette base de données. Mais son objectif est de décider si la photo représente un véritable paysage ou s’il s’agit d’une création virtuelle.

 

A chaque fois que le premier algorithme crée un paysage, il le soumet au second algorithme, et recommence jusqu’à réussir à le berner. Une sorte de test de Turing pour robots. “Ces GANs apprennent des concepts qui rappellent de très près les concepts auxquels les humains ont donné des noms”, explique David Bau, doctorant au MIT, interrogé par le MIT Technology Review.

Un nouveau type d’intelligence artificielle à décortiquer

Certains de ces algorithmes ont fait parler d’eux en imaginant des personnes plus vraies que nature, ou encore en créant un tableau vendu plus de 430.000 dollars.

Avec GANpaint, il faut bien l’avouer, la qualité des photos n’est pas exceptionnelle, et parfois, l’image modifiée n’est pas très réaliste.

C’est tout à fait normal. En réalité, les scientifiques du MIT ne cherchaient pas à créer des faux incroyables, mais plutôt à montrer ce que les GAN sont capables de faire. Et, surtout, à mieux comprendre comment ils fonctionnent.

Pour cela, les chercheurs ont segmenté, saucissonné l’algorithme de création de paysages, afin de pouvoir mieux l’ausculter. Les chercheurs ont découvert que certains groupes de neurones avaient appris à dessiner un type de paysage particulier: herbe, porte, brique, etc. Mais en respectant le contexte classique d’une vraie photo: pas de porte perchée dans les airs (normalement).

En choisissant un élément dans GANpaint, une porte par exemple, on active uniquement les neurones qui sont chargées de générées des portes.

En analysant ainsi le fonctionnement des GAN, les chercheurs se sont par exemple rendu compte que certains bugs (qui rendent les photos plus qu’étranges) sont parfois dus à des groupes de neurones artificiels spécifiques. “En les identifiant et en les réduisant au silence, nous pouvons améliorer la qualité” du résultat final, expliquent les chercheurs. Ci-dessous, une image générée avec le bug à gauche, et corrigée à droite.

Il y a fort à parier que des outils de retouches bien plus performants utilisant les GAN voient bientôt le jour. D’ailleurs, Adobe, la société qui commercialise Photoshop, y travaille depuis deux ans.

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