MAROC
30/05/2019 16h:55 CET | Actualisé 03/06/2019 15h:58 CET

Avec "Blue Notes", le photographe marocain Muhcine Ennou met le monde en suspens à L'Uzine

Pour (re)découvrir le monde sous le regard singulier du jeune photographe.

Muhcine Ennou

PHOTOGRAPHIE - Espace culturel dédié à l’art sous toutes ses coutures, L’Uzine Casablanca accueille “Blue Notes”, une exposition qui réunit pour la première fois au Maroc une sélection de photographies signées Muhcine Ennou et issues de la série “Sometimes here, Sometimes there” (2016- 2019). Installé entre le Maroc et les Pays-Bas, le jeune artiste de 27 ans, capture des scène d’éternité, en n’introduisant aucune allusion ni à un lieu d’ancrage, ni à une temporalité précise. 

Composée de 22 photographies, l’exposition, qui se tiendra de 31 mai au 2 juillet prochain à l’Uzine, constitue le premier volet d’une double présentation articulée entre les deux pays de cœur de l’artiste. 

Muhcine Ennou

Avec un traitement simple de la lumière et de la couleur et une sensibilité artistique singulière, Muhcine Ennou livre des fragments de vie et développe une écriture visuelle riche et poétique qui se dévoile au spectateur.  

Pour Karima Boudou, historienne de l’art, commissaire d’expositions et curatrice de l’événement,” Muhcine Ennou rend l’image perméable aux nécessités du quotidien, ses photographies, exemptes d’enseignement, ne
transmettent pas de message ou symbole déchiffrable, interprétable, utilitaire,
moralisé. Autrement dit, on est passé de l’autre côté, et on se trouve maintenant
dans l’image”. 

Aujourd'hui, je ne cherche plus à plaire ou à entrer dans un moule. Avant toute chose, je me demande si moi, ça me plait"

“C’est dans une quête identitaire, entre ma double appartenance au Maroc et aux Pays-bas, que j’ai choisi de présenter des ambiances que l’on pourrait décrire comme universelles”, livre Muhcine Ennou au HuffPost Maroc.

“Je ne me sentais à ma place nulle part. Trop occidental pour certain, trop oriental pour d’autre. J’avais un besoin constant d’être à la hauteur des attentes des autres. La photographie est en quelque sorte une thérapie. Aujourd’hui, je ne cherche plus à entrer dans un moule. Avant toute chose, je me demande si moi, ça me plait. Cette exposition reflète cette vision très personnelle du monde et de l’art”.

Né à Rabat en 1991, Muhcine se lance dans la photographie de manière autodidacte en 2010, en parallèle de ses activités dans le domaine du design graphique et de ses recherches liées au son et à la représentation de l’architecture. Prenant en compte le locuteur, le passage du temps et l’analyse du contexte, ses photographies prennent souvent comme point de départ un énoncé qui se transforme en espace mental renvoyant à un sentiment ou à une improvisation propre à chacun. Une exposition à découvrir jusqu’au 2 juillet prochain à l’Uzine.