ALGÉRIE
19/07/2019 16h:12 CET | Actualisé 19/07/2019 16h:23 CET

Avant le chaudron du Cairo Stadium, le chaudron Audin -Grande Poste

- via Getty Images

Nous sommes le vendredi 19 juillet. L’Algérie joue la finale de la coupe d’Afrique face au Sénégal. Tout le pays attend l’heure H. Mais tout le pays n’a pas oublié le 22 vendredi de la contestation.

Getty Editorial

 

En attendant le chaudron du Cairo Stadium, il y a le chaudron Audin-Grande-Poste et 1er mai-Grande Poste à Alger. Les autres villes en ont aussi les leurs. 

En ce 19 juillet, le soleil est mordant, mais les manifestants qui entament ce jour leur 22e vendredi de contestation ont déjà passé trois saisons et un ramadan la rue. La foule, nombreuse, n’a pas été dissuadée par le RDV attendu ce soir. 

“Le football est une chose et la révolution c’en est une autre. Soutenir l’équipe nationale ne veut pas dire arrêter la contestation”, affirme un jeune supporter arborant le maillot de l’EN. Au milieu de jeunes, à peine la vingtaine, l’ambiance contestatrice a des allures festives. On chante la conscience des jeunes qui ne veulent pas se faire manipuler par le football. On danse, on crie et on entretient le rêve: “doula madaniya machi 3skariya” ( état civil et non militaire) “klitou lebled ya al sarakine” ( vous avez pillé le pays voleurs” ou encore ” djazaïr Horra dimocratiya” (algérie libre et démocratique).

 

Autant de slogans qui deviennent des classiques mais qui soulignent la détermination d’un peuple à concrétiser son droit à la vie dignement et à disposer de l’avenir de son pays. 

Cette volonté apparait aussi dans la présence de l’avocat Salah Dabouz, en grève de la faim depuis 10 jours, parmi les manifestants. 

Affaibli par sa grève de la faim, sur son fauteuil roulant l’avocat, salue ceux, nombreux venus lui témoigner leur solidarité. 

Le vendredi 5 juillet a manifestement remobilisé les manifestants, la foule est au rendez-vous. Ni la forte présence policière et les goulots qu’elle provoque sur les parcours des manifestations, ni les menaces de l’état major n’ont eu raison de cette manifeste volonté de changement.

L’endurance et la persévérance des manifestants n’a d’égal que leur volonté à concrétiser les idéaux du soulèvement du 22 février : un pays libre, de femmes et d’hommes libres où les citoyens font et défont les gouvernements. L’accomplissement de la promesse de novembre.