TUNISIE
20/06/2018 17h:56 CET | Actualisé 21/06/2018 12h:32 CET

Aux États-Unis, Trump met les enfants migrants dans des cages

LOREN ELLIOTT via Getty Images

La ”zero tolerance policy“est décriée par une majorité d’américains.

Il y a six semaines, le président des États-Unis, Donald Trump, épaulé par son procureur général Jeff Sessions, a décrété la mise en place d’une politique “zéro tolérance”, qui prône notamment la séparation des enfants et de leurs parents dans le cas des candidats à la migration illégale. 

Au cours des derniers jours, de nombreuses photographies ainsi que des enregistrement vocaux ont suscité la polémique et motivé les critiques de nombreuses personnes, aussi bien sur les réseaux sociaux qu’au coeur politique de la capitale, Washington D.C.

Dans le sud des États-Unis, à la frontière avec le Mexique, plusieurs camps de détention accueillant des mineurs étrangers ont été érigés. Au Texas, on retrouve des camps faits de tentes dans lesquels les enfants sont détenus. En Floride, c’est cette fois dans d’immenses cages érigées dans des entrepôts que ces jeunes migrants sont confinés. A noter que dans ces deux Etats, la température dépasse les 30 degrés.

Mike Blake / Reuters

L’hypocrisie de l’administration Trump

Face aux critiques de sa politique, l’administration Trump a dans un premier temps décidé de nier les faits. Kirstjen Nielsen, la secrétaire à la sécurité intérieure, a notamment déclaré que le gouvernement n’était pas en faute, mais que c’était les immigrants illégaux qu’il fallait blâmer. Ceux-ci, fuyant souvent la mort dans leur pays d’origine, seraient responsables de leur séparation avec leurs enfants : selon Nielsen, s’ils voulaient garder avec eux leurs enfants, ils n’avaient qu’à rester chez eux. 

Par la suite, les plus grands défenseurs du président Trump se sont mobilisés contre les critiques fusant de tous les côtés. Steve Doocy, l’un des présentateurs de l’émission révérée par le président “Fox & Friends” a décrété que les enfants n’étaient pas détenus dans des cages, mais se trouvaient simplement à l’intérieur de “clôtures en maille”. Une nuance, selon lui, très évidente.

De son côté, la présentatrice conservatrice Laura Inghram a comparé ces camps de détentions à une colonie de vacances, tandis que son double, Ann Coulter, martelait que les bébés en pleurs étaient en réalité… de jeunes acteurs!

Donald Trump, pour sa part, a fait une déclaration à la presse, dans laquelle il a décrété : “Je déteste le fait que les enfants soient enlevés [à leurs parents]. Les Démocrates doivent changer leur loi. C’est leur loi”. Cette politique a pourtant été mise en place par le président républicain, et elle est refusée par les Démocrates, qui, minoritaires au congrès, ne disposent d’aucun pouvoir d’action.

Un changement significatif?

Mercredi, Donald Trump a signé un ordre exécutif mettant fin à la séparation des parents et des enfants à la frontière. Cependant, les personnes entrant illégalement sur le territoire américain continueront d’être jugées comme des criminels, et encourent des peines allant jusqu’à six mois de prison. Les enfants seraient donc envoyés en prison avec leurs parents.

Ce décret pose aussi la question des milliers d’enfants déjà séparés : rien dans l’ordre exécutif ne promet une réunification des familles.

 

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