TUNISIE
20/04/2018 15h:32 CET | Actualisé 20/04/2018 16h:16 CET

Authenticité: La province est-elle au goût du jour?

Entre paysage naturel et indépendance d’esprit, le monde de la mode trouve ici des valeurs inspirantes, loin de l’égocentrisme des élites.

Nous sommes en 2018. Toute la France est sous le joug de la mondialisation. Toute? Non! Dinan, charmante ville bretonne située dans les Côtes-d’Armor, est peuplée d’irréductibles qui résistent, encore et toujours. La preuve avec le Festival Internationale des Jeunes créateurs de Mode.

Eclort

 

MODE. Du 13 au 15 avril 2018, Dinan a reçu la 24e édition du Festival International des Jeunes Créateurs de Mode. Une belle occasion de croiser les autochtones, invités à assister aux défilés de mode organisés dans leur ville, et les professionnels de la mode, venus de Paris ou d’ailleurs… Autrement dit, de faire se croiser le monde rural/artisanal et la fashion sphère, plutôt citadine et connectée. Ce, sous le ciel capricieux de la Bretagne…

Jean-Charles Devigne

 

Cherchez un Zara, Carrefour ou un magasin pour touristes avec des articles fabriqués en Chine dans le centre ville de Dinan, vous n’en trouverez pas! A la place, un maroquinier qui fait ses propres modèles, un Parisien – venu s’installer ici - qui a ouvert un concept-store avec ses créations, un souffleur de verre, un brocanteur qui chine dans les environs ou encore un boucher qui fabrique son jambon… Il y a de quoi être surpris quand on sait que le drame français est la désertification des cœurs de villes, au profit de centres commerciaux excentrés, emplis d’enseignes que l’on retrouve, à l’identique, partout ailleurs.

Jean-Charles Devigne
Jean-Charles Devigne
Jean-Charles Devigne
Jean-Charles Devigne

 

Mais le tableau ne saurait être complet si le pétulant Dominique-Damien Rehel, par ailleurs homme de télévision, ne venait, une fois par an, souffler un vent de modernité grâce à son Festival qui se veut populaire ET créatif. Il démontre, par là-même, que le peuple est bien disposé quand on fait appel à sa curiosité. Démonstration faite avec la présentation de la marque Eclort, par Grégoire Willerval. Ce jeune styliste, originaire du nord de la France et formé à l’école Esmod, insuffle une dynamique mode à ce Festival avec un activewear (traduire vêtements confortables) qui est dans le prolongement artistique d’une marque comme Balenciaga ou de la créatrice Marine Serre. Le top du top de la mode pointue, en quelque sorte… Entre couture et street-culture, mais à des prix qui restent accessibles au grand public, Grégoire Willerval fait jaillir des mixtes de couleurs sur ses tenues oversized. Il fait défiler ses mannequins avec un foulard sur le visage (pour le côté zad ?). Il les barde de chaussettes et écharpes, à l’image de celles des clubs de football car, pour ses créations, Grégoire Willerval fait référence à l’univers du sport collectif (handball, volley…). Ah le collectif… En voilà une jolie idée pour rendre la vie difficile aux garnisons de légionnaires qui nous emprisonnent dans les vieux clichés d’une économie standardisée!

Stylinco
Stylinco
Stylinco
Stylinco
Stylinco

 

A noter : Grégoire Willerval a reçu le prix Avantex, remis par l’organisateur de salons professionnels, Messe Frankfurt. Ici, avec Michael Scherpe, directeur France.

Jean-Charles Devigne

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