TUNISIE
23/05/2019 15h:10 CET | Actualisé 23/05/2019 15h:14 CET

Aucune campagne visant les cafés et restaurants ouverts le jour durant le ramadan, affirme le MI

Des descentes policières sont pourtant survenues dans plusieurs villes.

FAROUK BATICHE via Getty Images
Photo d'illustration

Il n’existe aucune campagne de descente visant les cafés et les restaurants ouverts le jour durant le mois de ramadan ou de restrictions ou de poursuites contre ceux qui les fréquentent, a affirmé le ministère de l’Intérieur.

Le département dément, ainsi les informations qui circulent sur une campagne menée par les forces de l’ordre et qui porte atteinte au champ des libertés individuelles.

Le ministère précise accomplir sa mission dans le respect de la loi et des droits humains sans toucher aux libertés individuelles garanties par la Constitution, dont la liberté de croyance et de conscience.

Concernant les faits survenus dans un café situé dans la vieille ville à Kairouan, le département précise que les autorités se sont déplacées sur le lieu indiqué samedi dernier en coordination avec le parquet, et ce, suite aux plaintes formulées par les habitants du quartier avoisinant, lesquels ont alerté la police contre le comportement touchant à l’ordre public et à la quiétude générale, des habitués du café.

” Les investigations nécessaires ont été mené à ce propos. Il a été procédé à l’arrestation de deux individus recherchés dont un avait des antécédents judiciaires et faisant l’objet de deux avis de recherche. Ce dernier avait en sa possession 200 cachets stupéfiants, qu’il avait l’intention de commercialiser ” lit-on dans le communiqué du ministère.

Le département a indiqué encore que le propriétaire dudit café s’est opposé aux forces de l’ordre, en les agressant verbalement lorsqu’elles se sont rendues sur le lieu pour l’avertir. Le parquet a ordonné l’arrestation du propriétaire du lieu et l’ouverture d’une enquête pour atteinte aux bonnes mœurs et outrage public à la pudeur ”

” Aucune disposition n’a été prise contre d’autres personnes fréquentant ledit café, qui poursuit ses activités normalement “, ajoute le département de l’intérieur.

Éternel Sujet à controverse

Le question d’autoriser ou non les cafés et restaurants l’ouverture le jour au public durant le mois de Ramadan provoque un tollé chaque année et les avis se heurtent entre ceux prônant la liberté individuelle et ceux avançant la religion et l’identité islamique du pays.

L’association tunisienne pour la pensée islamique et les affaires religieuses a de son côté considéré qu’obliger les citoyens à observer ou non le jeûne est une atteinte à leurs droits et libertés sans motif légal, et que cela relève des prérogatives de l’autorité publique.

” L’existence de restaurants et de cafés ouverts pendant le mois de ramadan ne doit aucunement entraîner des sanctions à leurs propriétaires par ceux qui s’érigent en tuteurs sur les citoyens ” ajoute-t-elle.

La Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme avait pour sa part exprimé son refus de toute violation des libertés individuelles, et ce après les descentes effectuées par la police dans les cafés ouverts le jour.

Elle a ainsi pointé du doigt les descentes de police survenues dans plusieurs villes dont celles de Bouargoub (Gouvernorat de Nabeul) et d’El Mourouj (Gouvernorat de Ben Arous) ainsi que les gouvernorats de Sousse, Kairouan et Sfax, et souligné que le rôle de l’Etat dans la protection des libertés individuelles, au lieu de les violer sous aucun prétexte, qu’il soit de nature morale ou sécuritaire.

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