MAROC
29/01/2019 12h:07 CET

Au Venezuela, le gouvernement de Juan Guaido veut rétablir les relations diplomatiques avec le Maroc

Vers un retour des relations diplomatiques entre Rabat et Caracas?

Carlos Garcia Rawlins / Reuters

INTERNATIONAL - Juan Guaido est-il à la recherche d’alliés en Afrique? “Le gouvernement du Venezuela, conduit par le président par intérim Juan Guaido, oeuvrera à rétablir les relations diplomatiques avec le Maroc, suspendues sous le régime de Nicolas Maduro”, a assuré, lundi à Caracas, Manuel Avendano, conseiller en affaires étrangères de l’Assemblée nationale vénézuélienne, unique organe contrôlé par l’opposition.

“Nous souhaitons rétablir nos relations avec le Royaume du Maroc”, a indiqué ce dernier dans une déclaration à la MAP, précisant que le souhait de “rétablir et d’approfondir” les relations entre Caracas et Rabat est mû par “les dénominateurs communs et les échanges culturels et économiques qu’entretenaient les deux pays par le passé”.

“La position du régime de Nicolas Maduro concernant le Royaume du Maroc n’a pas été bénéfique pour les deux pays. Il y a eu des actions et une rhétorique qui ont éloigné les deux pays”, a constaté le conseiller en affaires étrangères

“Ceci va changer sous le gouvernement Guaido”, a-t-il promis, en relevant que son pays veut tourner la page de vingt ans de “chavisme” et de “madurisme” pour adopter ses propres positions concernant les questions diplomatiques.

“Échanges culturels et économiques”

Manuel Avendano a également souligné à la MAP “l’importance du rétablissement des relations avec le Maroc” car “nous avions des échanges culturels et économiques que nous voulons faire croître”, ajoutant que le gouvernement conduit par le président de l’Assemblée nationale souhaite avoir des relations “ouvertes” et ”étendues” avec le royaume.

“Notre prime objectif est de rétablir les relations avec le Maroc”, a-t-il insisté, soulignant que le gouvernement de Juan Guaido souhaite “réparer le préjudice subi” par les relations bilatérales en vue de les développer davantage pour le bien des peuples des deux pays.

S’agissant de la question du Sahara, Manuel Avendano, membre du parti Voluntad Popular, dont est issu le président par intérim, a indiqué que le gouvernement Guaido soutiendra le processus politique mené sous l’égide des Nations Unies en vue de parvenir à une solution pacifique et mutuellement acceptable à ce différend régional.

“Concernant la question du Sahara, nous souhaitons soutenir le processus de règlement de ce différend régional dans le cadre de l’ONU”, a-t-il dit, en plaidant pour “une solution pacifique et acceptable à ce conflit”.

Vers une “reconnaissance du Maroc” de Juan Guaido?

Juan Guaido est actuellement à la recherche d’une reconnaissance internationale. Président auto-proclamé, ce dernier a été reconnu par Donald Trump, mais se cherche de nouveaux alliés étrangers.

Revenant sur la situation actuelle dans son pays, Manuel Avendano a relevé que Juan Guaido a été reconnu en tant que président par intérim légitime par “une bonne partie de la communauté internationale, contrairement à Maduro, qui tente d’usurper et de se maintenir au pouvoir”.

“Le 10 janvier, Maduro a tenté de se maintenir au pouvoir et d’entamer un nouveau mandat à l’issue d’élections non reconnues”, a-t-il déclaré, en évoquant les événements ayant conduit à l’auto-proclamation de Juan Guaido en tant que président par intérim du pays, en vertu de la Constitution.

“Au volet diplomatique nous cherchons à obtenir plus de soutien, mais contrairement au régime de Maduro, nous le faisons dans le cadre de la constitution du Venezuela”, a ajouté le conseiller.

“La reconnaissance internationale est importante pour favoriser le retour de la démocratie au Venezuela”, a indiqué l’expert en relations internationales, avant d’ajouter que le gouvernement Guaido souhaite “obtenir la reconnaissance du Royaume du Maroc”.

“Le Venezuela souhaite s’ouvrir sur tous les pays dans le monde, rétablir le système constitutionnel et restaurer la loi”, a-t-il conclu.

Des déclarations qui interviennent alors que le royaume et le Venezuela ont interrompu leur relations diplomatiques il y a presque 10 ans. Si le Maroc a rappelé en 2009 son ambassadeur à Caracas après qu’Hugo Chavez, alors président, a offert l’appui du Venezuela au Polisario, les relations bilatérales avaient récemment repris, comme le soulignaient en décembre dernier nos confrères du site Yabiladi, notant que le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourrita et son homologue vénézuélien, Jorge Arreaza, se sont réunis deux fois en moins de trois mois, dont une fois en marge de la signature à Marrakech du Pacte mondial sur les Migrations, en décembre dernier. Une rencontre laissant entrevoir un potentiel réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays.