MAROC
22/02/2019 17h:37 CET

Au Venezuela, l'armée ouvre le feu sur des civils, un mort et 12 blessés

Les citoyens visés tentaient de maintenir un corridor ouvert à la frontière avec le Brésil pour permettre à l'aide humanitaire d'arriver.

NELSON ALMEIDA VIA GETTY IMAGES
Les civils visés tentaient de garantir que l'aide humanitaire internationale -ici déchargée par des soldats brésiliens de l'autre côté de la frontière- puisse parvenir à la population du Venezuela.

INTERNATIONAL - L’escalade se poursuit. Depuis plusieurs jours, pro et anti-Maduro se déchirent au Venezuela autour de la question de l’aide humanitaire. Pour répondre à la crise économique qui se déroule dans le pays, la communauté internationale tente effectivement de faire parvenir des stocks de nourriture et de médicaments à la population civile.

Mais l’armée vénézuélienne, aux ordres de Nicolas Maduro, refuse qu’elle arrive jusqu’aux habitants, bien souvent poussés sur les routes de l’exil. Pour cela, les militaires vont jusqu’à fermer totalement les frontières, comme l’a annoncé le président controversé au sujet des plus de 2.000 km qui séparent son pays du Brésil. Une décision qui n’a pas plu à un groupe de citoyens, qui ont tenté de laisser ouvert un corridor humanitaire pour que l’aide puisse être livrée.

Résultat: ce vendredi 22 février au petit matin, les soldats ont ouvert le feu sur la population civile. À l’approche d’un point de contrôle mis en place par une communauté indigène rangée du côté des opposants à Caracas, les militaires se sont vu refuser le passage, rapporte le Washington Post. Ils ont alors fait feu, blessant douze personnes dont quatre gravement et blessant une femme de 42 ans. Il s’agit de l’affrontement le plus violent depuis que les loyalistes et l’opposition se déchirent au sujet de l’aide humanitaire.

“C’est simplement de l’aide, pas une guerre”

D’après une femme témoin des événements et un porte-parole de la communauté locale, tous deux interrogés par le Washington Post, une trentaine d’habitants sont alors descendus dans les rues pour s’opposer à l’armée, capturant trois soldats. “La majorité de la population est en faveur de l’entrée de l’aide humanitaire”, a expliqué la femme interviewée. “Et nous voulons garder la frontière ouverte. C’est simplement de l’aide, pas une guerre. Et pourtant chaque jour nos enfants meurent.”

Dans la foulée, l’administration Trump, fermement opposée à la politique et au régime de Nicolas Maduro, a réagi: “Les États-Unis condamnent les meurtres, les attaques et les centaines de détentions illégales pratiquées au Venezuela. Nous sommes au côté des familles des victimes et nous exigeons la justice”, a déclaré un représentant du ministère des Affaires étrangères américain, là encore au Washington Post.

Pour l’heure, le régime de Nicolas Maduro et les différents ministère ont refusé de faire des commentaires sur la situation rapportée.

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.