MAROC
31/05/2019 12h:59 CET

Au sommet extraordinaire arabe, le roi Salmane appelle à l'unité des pays arabes contre les "actions criminelles" de l'Iran

Une assemblée à laquelle a pris part le prince Moulay Rachid.

AICpress

INTERNATIONAL - Le sommet extraordinaire arabe a débuté, ce jeudi soir à La Mecque, réunissant les chefs d’États et dirigeants des nations arabes et pays du Golfe. Le Prince Moulay Rachid, qui représente le roi Mohammed VI, a pris part aux travaux de l’assemblée, présidés par le roi Salmane d’Arabie Saoudite. A l’ordre du jour: resserrer les rangs face au grand rival chiite, l’Iran, et renforcer la paix et la stabilité dans la région. 

“L’absence d’une réaction ferme et dissuasive face aux actes de sabotage de l’Iran dans la région a encouragé celui-ci à les poursuivre et à les accentuer, comme on le constate aujourd’hui”, a déclaré le roi Salmane, qui entend bien agir contre l’Iran après les récentes attaques qui ont ravivé les tensions dans la région du Golfe.

C’est depuis La Mecque qu’il a appelé la communauté internationale à assumer pleinement sa responsabilité face à la menace que représentent les agissements de l’Iran, qui soutient les activités terroristes dans la région et dans le monde pour la paix et la sécurité internationales, a précisé le souverain dans une vive critique du régime iranien.

Pour une région arabe unie

Et pour faire bloc face au rival et couper court à son expansion dans la région, le roi Saoud compte sur le soutien des pays partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qu’il invite à se dresser ensemble, en dépit de leurs divisions, contre les “actions criminelles” de l’Iran. Face à Téhéran, le roi Saoud n’a pas mâché ses mots alors que Ryad s’était abstenu jusqu’à présent de mettre en cause directement l’Iran dans les récents incidents qui ont fait monter la tension dans le Golfe.

En réponse, le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Abbas Moussavi, a accusé l’Arabie saoudite de “semer la division entre les pays musulmans et dans la région”. “Nous voyons dans les tentatives de l’Arabie saoudite de mobiliser les pays voisins et arabes contre l’Iran le prolongement des tentatives futiles de l’Amérique et du régime sioniste” (Israël), a-t-il ajouté, d’après l’AFP. 

Dans son intervention, le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a souligné que les conditions critiques que traverse la région imposent une évaluation commune et approfondie des défis. “La priorité est de poursuivre les efforts pour résoudre les problèmes de la région arabe, dont la question palestinienne”, a souligné le chef d’Etat tunisien, condamnant au passage les récentes attaques qui ont ciblé les villes saoudiennes avec des missiles balistiques et des navires commerciaux au large des Émirats arabes unis. 

A l’issue de la réunion extraordinaire, le sommet du CCG a exprimé dans un communiqué, à l’issue de ses travaux, sa solidarité avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis après les récentes attaques. Il a rappelé l’Iran aux règles de “bon voisinage et de non-ingérence dans les affaires d’autrui” et l’a appelé à cesser d’“armer et de financer les milices et les organisations terroristes”. 

“Nous devons travailler ensemble pour faire du monde arabe une zone économique et culturel influente dans le monde, reflétant les potentiels économiques, culturelles et historiques dont regorgent nos pays et nos peuples”, a déclaré à l’assemblée, le roi Saoud, appelant à l’unité dans la région.

Le grand retour du Qatar

Le Qatar, autre rival de l’Arabie saoudite, a également pris part aux réunions, représenté par son Premier ministre, cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani, premier responsable qatari de ce rang à se rendre en Arabie saoudite depuis la rupture, le 5 juin 2017. Ryad et trois de ses alliés (Emirats arabes unis, Bahreïn et Egypte) avaient alors rompu leurs liens avec le Qatar, accusé de soutenir des groupes extrémistes et à qui ils reprochaient de se rapprocher de l’Iran. Doha a nié soutenir des extrémistes et accusé ces quatre pays de chercher un changement de régime au Qatar.

Ce sommet dans la ville sainte de La Mecque a été marqué par la présence de plusieurs dirigeants et présidents arabes, dont le roi Abdallah II de Jordanie, l’émir du Koweït, Cheikh Sabah Al Ahmad Al Jaber Al Sabah, les présidents d’Egypte, Abdelfattah Al-sissi, de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi, de la Palestine, Mahmoud Abbas, le souverain de Bahreïn, le roi Hamad Ben Aissa Al Khalifa, en plus du secrétaire général de la ligue des Etats arabes, Ahmed Aboul Gheit.

La Mecque abrite également un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ce vendredi soir, souligne l’AFP.