MAROC
08/08/2019 19h:25 CET

Au PJD, les propos du député Ali El Asri sur les bénévoles belges font polémique

Egalement membre du groupe d'amitié Maroc-Belgique, il a fini par présenter des excuses officielles.

Facebook/Ali El Asri

PARTIS - Des commentaires qui fâchent sur Facebook. Ce n’est pas la première fois que le PJD en connaît, notamment sur la liberté individuelle que représentent les choix vestimentaires. Après la polémique soulevée par les photos de la députée Amina Maelainine (Chambre des représentants) sans voile à Paris, c’est un autre député PJD (Chambre des conseillers), Ali El Asri, qui critique la “tenue de baignade” des bénévoles belges ayant été la cible d’incitation à des actes terroristes par un enseignant à Ksar El Kébir interpellé pour ces faits le 5 août.

Et malgré la gravité des accusations qui pèsent sur cet enseignant, le député islamiste, également membre du groupe d’amitié maroco-belge, a estimé opportun de dégainer au nom du “conservatisme”. El Asri a soutenu que la tenue des jeunes filles belges ne respectait pas la pudeur des habitants et laissait même croire qu’au delà de l’aspect humanitaire de leur action, “se cachait autre chose”. 

Une virulence qui lui a coûté les foudres du secrétariat général du parti. L’adjoint du secrétaire général, Slimane El Omrani, a réagi via sa page Facebook pour préciser que “la liberté d’expression au PJD est préservée et respectée au point d’être sacralisée”. Il n’est donc pas question de violer ce droit quelle qu’en soit sa nature, ajoute-t-il.

Mais il ne faut pas faire fi non plus des lois et règlements du parti, précise-t-il soulignant que l’avis de Ali El Asri n’engage aucunement le PJD. “Nous l’avons réitéré, à plusieurs reprises, ce qui engage le parti, ce sont les décisions, les communiqués, les positions de ses organisations et les déclarations des responsables habilités à le faire”. 

El Omrani ne mâche pas ses mots. Il rappelle qu’il y a des règles à respecter dans le champ politique permettant aux députés d’interpeller les ministres et le chef du gouvernement. “Alors, on ne se permet pas d’écrire sur tout et n’importe comment”, lance-t-il avant de temporiser à la fin de son post en faisant remarquer que ce qu’a écrit le député n’a rien de “terroriste”.

Toutefois, El Asri a fini par supprimer son fameux post et présenter des excuses officielles. Il a publié, ce jeudi, un communiqué sur sa page Facebook, pour s’expliquer. A propos de l’action bénévole menée par des jeunes belges, il tient à faire des précisions, dit-il. “Je réfute toute déformation de mes propos, et notamment toute insinuation à une quelconque incitation à la haine ou la violence, qui sont étrangères à mes convictions personnelles et aux principes auxquels j’adhère”, précise-t-il. Et d’ajouter qu’il “rejette toute mauvaise interprétation” de ses propos et “regrette sincèrement tout tort ou désagrément que ces interprétations auraient causés”. 

Le député tient aussi à s’excuser “auprès de quiconque qui se serait senti blessé ou offensé suite à mes propos, en particulier, nos hôtes, jeunes femmes belges, ainsi que l’organisme auquel elles appartiennent”. Et de “saluer toutes les initiatives humanitaires et de solidarité, dont celle entreprise par les jeunes femmes belges. Ces initiatives, qui favorisent notamment une meilleure connaissance mutuelle, devraient être encouragées et entourées des conditions de réussite”. 

Le député, qui tente de se racheter, multiplie les posts sur sa page. Il a ainsi salué dans un post précédent la lutte contre le terrorisme et la veille sécuritaire faisant du Maroc un pays stable et jouissant de la quiétude. Ce qui ne l’empêche pas de remplir son travail de député de soulever des questions et d’interpeller le gouvernement. Il a ainsi adressé une lettre écrite au ministre de l’Intérieur l’appelant à faire l’état des lieux des chantiers réalisés dans le cadre du bénévolat étranger. Dans sa question, il a estimé nécessaire de faire la lumière sur ces projets et s’assurer qu’“ils ne sont pas exploités à d’autres fins”.