MAROC
20/07/2018 13h:25 CET

Au PJD, le licenciement de deux journalistes et d'un photographe suscite la colère

D'aucuns y voient un lien avec la vidéo critique envers la monarchie de Abdelali Hamieddine.

Rafael Marchante / Reuters

PARTI - La branche média du Parti de la justice et du développement (PJD) s’est séparée de deux journalistes, Abdelilah Hamdouchi et Abderrazak El Aslani, ainsi que du photographe Karim Koumchi. C’est une information relayée par nos confrères d’Al Yaoum 24 qui, dans un article, indique que cette décision, prise hier, se prête à des interprétations la liant à la fuite de la vidéo supposée confidentielle dans laquelle Abdelali Hamieddine, un des cadres influents du parti, critique ouvertement la monarchie au cours du dialogue interne du parti qui s’est tenu les 30 juin et 1er juillet dernier.

Une fuite ayant légitimé, pour le PJD, la création, le 12 juillet, d’un comité chargé de mener une enquête sous l’égide du secrétaire général du parti en personne et la présidence de Driss Azami El Idrissi, président du conseil national du parti. Objectif: déceler le mystère de cette diffusion “sans l’aval de la direction”.

Ce licenciement intervient donc quelques jours après l’ouverture de cette enquête. Si le PJD ne s’est pas exprimé officiellement sur cette décision, il l’aurait, toutefois, justifiée aux concernés par “des fautes professionnelles”, d’après le même site. De quelle nature? Le secrétaire général adjoint du PJD, Slimane Amrani, joint par le HuffPost Maroc, refuse de commenter cette décision: “C’est un sujet que je ne désire pas commenter parce qu’il touche à des données privées des employés que je respecte. S’il s’avère nécessaire de communiquer avec les médias, je le ferai. Tout ce que je peux déclarer pour le moment, c’est que les trois membres sont partis”.

S’il n’a pas souhaité évoqué les raisons de ce licenciement, Slimane Amrani n’a pas non plus rejeté la probabilité de cause à effet faisant de cette décision une forme de sanction de cette fuite. Cependant, les trois visés par ce licenciement, nous rappelle une source au PJD, ne sont pas dans la branche des médias digitaux, mais à la rédaction du site  PJD.ma. “Ils n’ont aucun lien avec cette vidéo”, insiste notre interlocuteur qui a requis l’anonymat. 

Sur les réseaux sociaux, des collègues et amis de ces trois membres de la rédaction du site pjd.ma, s’insurgent contre une décision “injuste” visant à régler les comptes avec “des alliés de Benkirane”.

D’autres appartenant à la jeunesse du parti estiment que ce licenciement “s’attaque surtout à la liberté d’expression” au sein du parti. Car, les deux journalistes licenciés sont également militants du parti. Abderrazak El Aslani est aussi responsable au PJD en tant que membre du conseil national et du secrétariat régional de Rabat et secrétaire provincial de Sidi Kacem.  

Sur sa page Facebook, El Aslani ne commente pas son licenciement qu’il se  contente de confirmer, estimant qu’il aura désormais plus de temps à consacrer à sa responsabilité partisane à Sidi Kacem.

D’autres estiment que quelle que soit la raison, ces journalistes restent militants avant tout et ne devaient en aucun cas être licenciés. “Cela prouve le recul que vit l’intérieur du parti”, précise ce membre sous le hashtag “Toute la solidarité avec les journalistes du PJD”.