MAROC
06/10/2018 16h:38 CET

Au Japon, le Maroc se retire d'une réunion sur le développement en Afrique où siégeait le Polisario

Et demande à Tokyo de "rectifier les dérapages".

CAPTURE DECRAN

INTERNATIONAL - La présence de membres du Polisario lors d’une réunion ministérielle préparatoire à la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique (TICAD VII) au Japon, vendredi 5 octobre, a poussé le Maroc à se retirer du sommet en signe de protestation.

La délégation marocaine présidée par Mohcine Jazouli, ministre délégué aux Affaires africaines, “ne peut accepter une violation des fondamentaux historiques et des acquis de la TICAD depuis sa création en 1993”, indique dans une note consultée par le HuffPost Maroc une source autorisée au sein du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI). “Le Maroc s’attend à ce que le Japon rectifie les dérapages enregistrés afin de se conformer désormais à la légalité internationale dans l’intérêt des relations bilatérales”, poursuit-elle.

Selon nos informations, des membres du Polisario seraient entrés au Japon avec des passeports algériens et se sont faits accréditer avec des badges de la Commission de l’Union africaine, co-organisatrice de la TICAD, pour pouvoir assister à la réunion.

Face à cette infraction, le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kano, a fait une déclaration pendant la réunion, dans laquelle il annonce que “même si un groupe qui prétend être un Etat, que le Japon ne reconnaît pas, est présent dans cette salle, cela ne signifie en aucun cas que le Japon le reconnaît, implicitement ou explicitement, comme étant un Etat”.

Le chef de la diplomatie japonaise a également affirmé qu’il n’est pas permis de mettre des noms et des drapeaux autres que ceux de l’Union africaine, en tant que co-organisatrice, et du Japon, dans la salle plénière, relevant que toute personne qui “perturbe cet ordre” sera priée de quitter les lieux.

Auparavant, la réunion préparatoire des Hauts Fonctionnaires, programmée le vendredi, a été reportée à plusieurs reprises puis écourtée, en raison du refus du Japon de permettre la présence du Polisario, nous indique une source autorisée. La délégation marocaine, ayant constaté la présence du Polisario lors de la réunion ministérielle, a marqué sa désolation face à cette situation et a décidé de se retirer de la salle, poursuit la même source.

Le Maroc estime ainsi que le Japon n’a “pas pu préserver le format consacré de la TICAD, ni être en phase avec la légalité internationale pour être en cohérence et faire respecter la position nationale du Japon concernant la question du Sahara marocain”.

En août 2017, un incident similaire avait eu lieu à Maputo, au Mozambique, lors de la réunion ministérielle de suivi de la TICAD. Le Maroc s’était opposé à la présence du Polisario à ce sommet, de même que le Japon qui avait rappelé que cette réunion était seulement destinée aux “pays africains reconnus par le Japon”.