ALGÉRIE
04/10/2019 12h:03 CET | Actualisé 04/10/2019 12h:09 CET

Au FLN on a décidé…de ne rien décider

DR
archive

“C’est fou ce qui se passe au parti, même au temps de Djamel Ould Abbès on n’a pas atteint un tel seuil de médiocrité”, dénonce ulcéré un membre de la direction au Huffpost Algérie à l’issue du Bureau Politique (BP) qui a eu lieu jeudi 3 octobre au siège du parti à Alger.

“Alors que le leader de la première formation politique du pays est en prison, le BP décide le statu quo”, dénonce un autre membre du BP.

Depuis le 19 septembre, le SG du FLN dort en prison depuis son placement en détention provisoire à la prison d’El Harrach pour “menaces et destructions de documents officiels”.    

Mohamed Djemaî avait pris soin avant sa convocation par la justice de se désister de son immunité parlementaire et de verrouiller sa succession en installant Ali Seddiki comme SG intérimaire. Une procédure singulière qui place aujourd’hui le parti  dans une situation inextricable entre ceux qui affirment que le retour de Mohamed Djemai est proche car “le dossier qui l’incrimine est vide”, et les autres qui poussent pour la tenue d’un comité central afin d’élire un nouveau SG.  “Le BP campe sur une position d’attente en misant sur la relaxe prochaine de Mohamed Djemai et s’oppose à la convocation d’un nouveau comité central qui pourrait rompre les équilibres en place”, résume un proche du parti.

A la tête de ceux qui défendent mordicus cette option, le SG par intérim Ali Seddiki. L’ancien candidat malheureux à la présidence du parti qui en assure  l’intérim depuis le 16 septembre, exclut de convoquer un comité central, malgré l’échéance du 12 décembre. « Aucun candidat à la présidentielle ne voudra s’encombrer d’un parti dont son chef est en prison. », se désole le membre du BP.

“le téléphone ne sonne plus” 

Certains tentent de s’affranchir du BP pour la tenue d’un CC. Mohamed Abada, le coordinateur du “mouvement de redressement” qui n’a jamais porté dans son cœur, Mohamed Djemai et qui avait contesté son élection en la jugeant comme une “véritable catastrophe pour le parti” L’ancien dirigeant n’hésitant pas à dénoncer une “mafia qui s’est emparée de la formation” en appel au sursaut. Il enchaîne les rencontres, sans parvenir à modifier le rapport de force au sein du parti. “Les cadres habitués aux injonctions venues d’en haut attendent les directives, mais pour le moment le téléphone ne sonne plus”, avance comme explication un cadre du parti.