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08/07/2018 11h:26 CET | Actualisé 08/07/2018 11h:26 CET

Au fil du mondial: Spassiba et do svidaniya (merci et au-revoir)

Christian Hartmann / Reuters

Il est des matchs de football qui ne valent que par ce qui se passe durant les prolongations voire la séance de tir aux buts. Ce fut le cas pour le match, dit “du siècle” entre l’Italie et la RFA lors de la Coupe du monde de football 1970 au Mexique.

Ce fut la fameuse rencontre que le libéro allemand Franz Beckenbauer termina le bras en écharpe (pas de remplacement possible malgré une clavicule cassée). Ce fut aussi le match de la victoire sur le fil de l’Italie, célébrée dans tout le pays comme un rare moment fédérateur.

Mais il faut juste rappeler que les premières quatre-vingt-dix minutes furent plutôt ennuyeuses et que les mémoires n’ont finalement retenu que les prolongations et leur incroyable intensité.

Ce scénario s’est répété, dans une bien moindre mesure, durant le très fermé, et bien peu enthousiasmant, Croatie – Russie (2-2, victoire croate par 4 tirs aux buts contre 3). Quatre-vingt-dix minutes peu rythmées puis des prolongations qui nous ont fait vibrer et où l’équipe russe a montré des ressources qu’on ne lui connaissait pas.

Bien sûr, ce ne fut pas le match du siècle mais le football doit sa légende à de tels moments dramatiques. Une équipe ouvre le score, l’adversaire égalise puis mène avant de céder à son tour. De quoi constituer les ingrédients d’un match dont des Russes et des Croates parleront pendant longtemps. Des enfants russes étaient dans les tribunes. Leurs pleurs faisaient peine à voir mais tel est le football et ses “pénos” : impitoyable et injuste.

Il est toujours triste de voir l’équipe du pays organisateur sortir de la compétition. Hormis l’Afrique du Sud qui fut incapable de passer le premier tour en 2010, tous les pays hôte ont toujours été à la hauteur de l’événement. Les Russes ne nous ont pas enthousiasmé par leur jeu mais il faut leur rendre hommage car ils sont allés bien plus loin que ce qu’on leur prédisait avant le match d’ouverture. Ils ont fait honneur à leur pays et à leur public.

A ce sujet, on disait tant de choses alarmistes à propos de ce public russe avant le début de la compétition… Or, tous les témoignages qui nous parviennent disent la même chose : accueil généreux, calme, pas de débordements et hospitalité.

On peut faire toutes les plaisanteries (faciles) que l’on souhaite à propos de Vladimir Poutine et des représailles qu’il pourrait infliger à son équipe désormais éliminée, convenons tout de même que la Sbornaïa et ses joueurs ont aussi fait honneur au sport roi et à leurs invités.