MAROC
15/05/2019 11h:28 CET

Au Festival de Cannes 2019, l'immigration traverse la compétition

De "It Must Be Heaven" d'Elia Suleiman à "Atlantique" de Mati Diop, plusieurs réalisateurs en sélection officielle de ce 72e Festival de Cannes portent un regard sur le thème des migrants.

LES FILMS DU BAL
Ada, personnage principal du film “Atlantique”, en sélection au festival de Cannes.  

CINÉMA - “Romantique et politique sera cette sélection”, promettait Thierry Frémaux, directeur général du Festival de Cannes lors de la révélation des 21 films en compétition pour cette 72e édition qui démarre ce mardi 14 mai. 

Et si ces longs-métrages devraient refléter la vision singulière de chacun de ces réalisateurs et réalisatrices français, coréen, américain ou palestinien, une thématique commune semble en traverser plusieurs: l’immigration. Un sujet on ne peut plus d’actualité, notamment au cœur de la campagne des élections européennes qui se joueront le 26 mai, au lendemain de la clôture du Festival.

L’an passé déjà, le sujet avait émergé à Cannes avec la projection du documentaire “Libre” de Michel Toesca sur le combat de l’agriculteur et militant français Cédric Herrou qui avait monté les marches aux côtés d’une poignée de réfugiés, au grand dam de plusieurs élus d’extrême droite.

En 2017, c’était le réalisateur Alejandro González Iñárritu, président du jury de cette année, qui présentait hors compétition “Carne y arena”, une expérience en réalité virtuelle plongeant le spectateur dans la peau d’un migrant à la frontière mexico-américaine.

Palestine et Sénégal

Cette année, c’est à travers le regard de Mati Diop, d’Elia Suleiman ou des frères Dardenne que le sujet sera abordé dans “des films de petits groupes humains qui se battent contre l’adversité, des films à hauteur d’yeux, de corps et de vie quotidienne”, décrivait Thierry Frémaux.

Pour certains, la question de l’immigration est évidente et centrale: le réalisateur palestinien Elia Suleiman illustre l’errance de son alter ego en exil dans “It must be heaven” et la franco-sénégalaise Mati Diop raconte dans “Atlantique” les espoirs d’ouvriers de la banlieue de Dakar qui embarquent en bateau vers un monde meilleur.

CAROLE BETHUEL

France et Belgique

Pour d’autres, le thème de l’immigration apparaît plus ou moins en filigrane de l’intrigue. Dans “Le jeune Ahmed” des frères Jean-Pierre et Luc Dardenne, spécialistes de l’esthétique réaliste déjà lauréats de deux Palmes pour “Rosetta” et “L’Enfant”, on suit la radicalisation d’un adolescent belge séduit par les idéaux de pureté de son imam.

CHRISTINE PLENUS
Idir Ben Addi et Othmane Moumen dans le film "Le Jeune Ahmed" des frères Dardenne.

De son côté, le réalisateur français Ladj Ly, cofondateur du collectif Kourtrajmé dans les années 1990, met en scène dans “Les Misérables” des jeunes de la cité des Bosquets à Montfermeil, ville dont 33 % des quelque 5.400 habitants sont issus de l’immigration.

Tout au long de la quinzaine, Le HuffPost va s’intéresser à la place de la question migratoire dans le cinéma actuel – qu’il soit optimiste, alarmiste ou simplement observateur – grâce à des cinéastes de tous horizons qui concourent tous pour la prestigieuse Palme d’or.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.